« Que devons-nous faire pour rester utiles au peuple ? » D’entrée de jeu, Éric Houndété plante le décor. À travers cette interrogation, le président par intérim du parti Les Démocrates interpelle ses camarades à l’ouverture du Conseil national, donnant le ton d’une rencontre placée sous le signe de la réflexion stratégique et du renouveau politique.

Dans son discours inaugural, il a rapidement situé les enjeux de cette session, axée sur un examen sans complaisance du parcours du parti et sur la définition de nouvelles perspectives. « Nous voici réunis ce jour […] avec comme objectif essentiel de regarder le chemin parcouru, d’évaluer les résultats obtenus, mais aussi et surtout […] de travailler sur les perspectives de notre parti », a-t-il déclaré.

Un parti en quête de cap

Dans un contexte marqué par de récents revers électoraux, le dirigeant des Démocrates n’a pas éludé les difficultés auxquelles fait face sa formation politique. « Comme vous le savez si bien, cet espoir a été perturbé. […] nombre de citoyens se demandent à quel saint se vouer », a reconnu Éric Houndété, tout en soulignant que « beaucoup […] continuent de croire que nous pouvons et que nous devons demeurer la réponse aux préoccupations qui sont les leurs ».

Le constat dressé est sans détour : « Nous voici sans candidats aux élections présidentielles, […] sans élus à l’Assemblée nationale, […] sans possibilité d’avoir des élus communaux ». Une situation qui, selon lui, impose une profonde introspection sur l’avenir du parti et son rôle dans l’espace politique national.

Face à cette réalité, Éric Houndété a posé la question centrale qui structure les travaux du Conseil national : « Que devons-nous faire pour continuer d’être utiles à notre peuple, pour continuer à servir notre nation ? » Une interrogation qui résume les attentes de cette session, appelée à tracer de nouvelles perspectives.

Penser l’avenir au-delà de 2026

Au cœur des échanges figure également la posture du parti face aux échéances électorales à venir. « C’est voir les perspectives. Comment nous comportons-nous face aux élections de 2026 et après ? », a insisté le président par intérim, justifiant ainsi la tenue de ce Conseil national, convoqué après l’examen du rapport d’un comité interne.

Dans son allocution, Éric Houndété a aussi rendu hommage à Boni Yayi, ancien président du parti, saluant son héritage et son appel à l’unité. « Je sais qu’il ne laisse pas la maison à la ruine », a-t-il affirmé, tout en relayant « son désir […] de voir le parti uni et avançant toujours vers les objectifs que nous nous sommes assignés ».

Les militants et responsables du parti sont appelés à resserrer les rangs autour des valeurs fondatrices de la formation. « J’invite chacun […] dans la discipline, dans le respect mutuel et dans un engagement commun […] à travailler pour continuer à faire rayonner le parti […] à le dynamiser, à le redynamiser et à lui donner espoir », a lancé Éric Houndété.

À travers ce Conseil national, Les Démocrates entendent ainsi amorcer une nouvelle phase de leur parcours politique, marquée par la réflexion, la restructuration et la reconquête, dans un paysage politique où ils ne disposent ni d’élus communaux ni de députés au Parlement. À la veille de l’élection présidentielle, l’ensemble des institutions de la République est aujourd’hui contrôlé par la majorité au pouvoir, au terme des dix années de gouvernance de Patrice Talon.