Alors que son absence alimentait interrogations et inquiétudes, le Président malien Assimi Goïta est apparu à travers une série de séquences publiées sur Facebook et X par la présidence. On y voit notamment le dirigeant malien recevoir l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Mali, Igor Gromyko, lors d’une audience tenue à Bamako.
Selon la communication officielle, les échanges ont porté sur « la situation actuelle » ainsi que sur « les bonnes relations de partenariat entre Bamako et Moscou ». Si les images montrent les deux responsables entourés de plusieurs collaborateurs, peu de détails ont filtré sur le contenu précis des discussions.
Moscou réaffirme son appui sécuritaire
Dans la continuité de cette rencontre, la présidence malienne a indiqué que le diplomate russe « a réaffirmé l’engagement de son pays aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme international ». Les deux parties ont également évoqué « l’action conjointe des forces armées maliennes et russes ».
Toujours selon la même source, Igor Gromyko a adressé ses vœux de réussite aux Forces armées maliennes (FAMa) ainsi qu’aux forces russes, soulignant que « la Russie sera toujours l’amie du Mali ».
Au chevet des blessés et hommage aux victimes
Au-delà de la séquence diplomatique, Assimi Goïta s’est rendu auprès des victimes des violences récentes. Il a notamment visité des blessés civils et militaires au CHU Bocar Sidi Sall de Kati, où il a été accueilli par la ministre de la Santé et du Développement social, le colonel-major Assa Badiallo Touré.
Sur place, le Chef de l’État « a adressé ses encouragements au personnel soignant tout en saluant les efforts consentis », tout en souhaitant « un prompt rétablissement » aux blessés, rapporte la présidence.
Dans un registre plus solennel, il s’est également déplacé au domicile du général de corps d’armée Sadio Camara, décédé le 25 avril lors des attaques. Il y a présenté ses condoléances à la famille, tout en assurant de sa détermination à poursuivre « le combat pour la sécurisation de l’ensemble du territoire national ».
Rumeurs sécuritaires et mise en garde des autorités
Cette réapparition intervient dans un climat marqué par une forte circulation d’informations alarmantes. Certaines évoquaient notamment des mouvements de groupes armés en direction de Bamako.
L’ambassade des États-Unis au Mali a indiqué être « au courant d’informations faisant état de possibles mouvements terroristes à Bamako, y compris de la fermeture forcée d’écoles ». En réaction, le ministre de l’Éducation nationale a appelé à la prudence, invitant les populations à se fier exclusivement aux sources officielles.
Dans un communiqué, il a assuré que « toutes les mesures nécessaires ont été prises pour assurer la continuité et le bon déroulement des activités éducatives ».
De son côté, le Centre de Coordination et de Gestion des Crises et Catastrophes (CECOGEC) a dénoncé la diffusion massive « d’informations inexactes, de tentatives de désinformation ainsi que d’actes de propagande », exhortant également les citoyens à la vigilance face aux contenus relayés sur les réseaux sociaux.
Des attaques d’ampleur et un bilan encore flou
Les événements du week-end, revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont profondément marqué le pays. Ces offensives coordonnées ont mis en lumière les défis sécuritaires persistants auxquels fait face la junte.
Si les autorités maliennes affirment avoir « neutralisé » 200 combattants ennemis, aucun bilan détaillé n’a encore été communiqué concernant les pertes au sein des forces armées, en dehors du décès du ministre de la Défense, Sadio Camara.
