Dans un message publié sur les réseaux sociaux et relayé par plusieurs médias sénégalais, Malick Ndiaye affirme avoir pris cette décision « après une profonde réflexion », une décision « mûrie dans le silence, la responsabilité et le sens de l’État ».


« Cette décision procède d’un choix personnel, guidé avant tout par ma conception des institutions, de la responsabilité publique et de l’intérêt supérieur de la Nation », a écrit ce proche d’Ousmane Sonko.

Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions au sommet de l’État sénégalais. Vendredi 22 mai, le président Bassirou Diomaye Faye avait mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko ainsi qu’à celles de l’ensemble du gouvernement, officialisant une rupture politique entre les deux hommes qui incarnaient pourtant l’alternance de 2024.

Selon plusieurs médias dakarois, dont DakarActu, SeneNews et L’Observateur, des divergences profondes s’étaient installées depuis plusieurs semaines entre les deux figures du pouvoir, notamment sur la conduite des affaires de l’État et les orientations politiques du régime.

Au sein de la classe politique sénégalaise, la démission de Malick Ndiaye est largement interprétée comme une réponse politique du camp de Sonko. D’après des informations relayées par RFI et plusieurs médias locaux, une réunion d’urgence du bureau de l’Assemblée nationale avait été convoquée quelques heures avant l’annonce officielle de sa démission.

Cette vacance à la tête de l’hémicycle ouvre désormais la voie à un éventuel retour d’Ousmane Sonko au Parlement. Le leader du Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale depuis les législatives de 2024, pourrait récupérer son siège de député avant d’être porté à la présidence de l’institution parlementaire.

Une telle hypothèse renforcerait davantage les interrogations sur l’avenir politique du Sénégal et sur la recomposition du pouvoir au sein du camp présidentiel. Plusieurs analystes estiment que cette crise pourrait marquer une rupture durable entre Bassirou Diomaye Faye et celui qui fut longtemps son principal allié politique.

Âgé de 42 ans, Malick Ndiaye était devenu en décembre 2024 l’un des plus jeunes présidents de l’Assemblée nationale du Sénégal. Considéré comme un fidèle parmi les fidèles d’Ousmane Sonko, il occupait une place stratégique dans l’appareil politique du Pastef.