Le gouvernement zimbabwéen a fait un point sur la situation. Il a évoqué près de 78 000 départs depuis l'Afrique du Sud. Ces départs se sont produits en un peu plus de cinq semaines. Le ministre de l'Information l'a annoncé.

21 300 ressortissants ont été rapatriés par le gouvernement zimbabwéen. 56 830 autres sont rentrés par leurs propres moyens. Ce chiffre représente la majorité des rapatriés.

La frontière de Beitbridge sous pression

Les autorités sud-africaines évoquent un autre chiffre. Elles estiment que 45 000 migrants ont franchi le poste de Beitbridge depuis le 7 juin. Ce poste se situe à la frontière avec le Zimbabwe.

Des milliers de personnes se sont retrouvées bloquées à ce point de passage. Le manque de documents en règle explique une partie des blocages. Les longues files d'attente expliquent l'autre partie.

L'Afrique du Sud et le Zimbabwe ont créé chacun un comité interministériel. Ce comité doit superviser le passage à Beitbridge. 1 500 personnes ont également traversé la frontière terrestre vers le Mozambique.

D'autres pays rapatrient leurs ressortissants

Le Malawi a rapatrié 22 000 personnes. Le Ghana en a rapatrié 900. Le Nigeria affirme avoir évacué près de 900 concitoyens. L'Ouganda annonce environ 560 rapatriés.

Cet exode a débuté il y a plusieurs semaines. Des groupes marginaux ont exigé le départ de tous les immigrés en situation irrégulière avant le 30 juin. Cette exigence a provoqué des troubles.

Ces troubles ont causé la mort d'au moins quatre étrangers. Deux Mozambicains, un Éthiopien et un Malawien figurent parmi les victimes. La police sud-africaine a confirmé ce bilan.

Depuis des décennies, des ressortissants d'autres pays africains se rendent en Afrique du Sud. Ce pays figure parmi les plus riches et les plus industrialisés du continent. Ces migrants recherchent des emplois et de meilleures opportunités économiques.

Le taux de chômage en Afrique du Sud avoisine les 33%. Des organisations accusent les sans-papiers de prendre le travail des Sud-Africains. Ces organisations organisent des manifestations depuis plusieurs mois.

Le Ghana reporte la visite de Cyril Ramaphosa

Le Ghana a reporté une visite officielle de Cyril Ramaphosa. Cette visite était prévue début août. Le climat actuel motive cette décision, selon les autorités ghanéennes.

Les tensions diplomatiques se sont accrues après la mort d'un ressortissant ghanéen. Ce décès est survenu à Khayelitsha, dans la province du Cap-Oriental, le 30 juin. Les autorités sud-africaines ont démenti toute responsabilité.

Le ministre sud-africain de la Justice a accusé le Ghana de diffuser « de fausses informations » sur la situation dans le pays.