La mesure controversée et sujette à dénonciation, prévoit des sanctions au niveau civil, administratif et pénal, allant au maximum jusqu'à 10 ans de prison. Selon l’Agence Ecofin, les associations craignent une restriction de la liberté d'opinion à un an de l’élection présidentielle prévue pour août 2027.
Adoptée en mai 2026 par l’Assemblée nationale et promulguée en juillet par le président João Lourenço, elle établit la responsabilité civile et pénale des personnes reconnues coupables d’avoir diffusé de fausses informations en ligne.
Le texte prévoit des peines d’emprisonnement d’un à trois ans pour la diffusion de fausses informations, de trois à huit ans lorsque le contenu incite à la haine ou porte atteinte à la réputation de personnes ou d’institutions, et jusqu’à dix ans lorsque la diffusion compromet les processus électoraux ou la sécurité de l’État. En plus des peines privatives de liberté, des amendes pouvant atteindre 400 salaires minimaux nationaux sont également prévues.
Les craintes de la société civile et de l’opposition
La nouvelle loi sur les informations suscite des inquiétudes pour la répression des voix dissidentes en Angola.
La société civile réclame une définition « claire » de « fausse information ». Par « fausse information », le décret de loi entend « toute publication délibérée au contenu erroné, trompeur, ou manipulateur qui a pour but d'induire l'opinion publique en erreur ».
« Nous sommes prêts à faire de la prison, à tout moment ! Avec ou sans cette loi, de toute façon, on continuera de faire l'objet de représailles. Alors on est prêts », assure Jaime Domingos, juriste et membre du mouvement civique Mudei, rapporte RFI. Pour lui, la notion de « fausse information » n’est pas claire.
Plusieurs ONG prévoient de présenter un recours judiciaire et appellent à la participation de l'ordre des avocats d'Angola. L’organisation indépendante Maka Angola dénonce un risque de la séparation des pouvoirs. L’Osc explique que le régulateur des télécommunications chargé d’appliquer la loi est placé sous tutelle du gouvernement, son conseil d’administration étant nommé par le président de la République.
Un organe dépendant de l’exécutif pourrait ainsi déclencher des procédures de retrait de contenus concernant l’exécutif lui-même. Un dispositif que Maka Angola qualifie de « violation du principe fondateur de la séparation des pouvoirs ».
Alors que plusieurs pays africains renforcent leur arsenal contre la désinformation, l’Angola franchit un nouveau cap avec un texte qui étend la responsabilité aux utilisateurs et aux plateformes numériques. Avec cette étape franchit, l’Angola s’inscrit dans un mouvement continental documenté depuis plusieurs années, selon Africa Check.

