À Parakou, Les Démocrates ont choisi de reprendre le contact avec leur base en affichant un message de détermination. Pour leur premier grand rassemblement depuis les élections générales de 2026, cadres et militants du parti se sont retrouvés autour de plusieurs préoccupations qui devraient désormais structurer leur discours politique.
Cette rencontre constitue le point de départ d’une série de meetings annoncés dans différentes localités du pays. L’objectif affiché est de remobiliser les militants, de revenir sur les difficultés traversées par le parti et surtout de réaffirmer sa volonté de rester actif dans la vie politique nationale.
Trois messages majeurs se dégagent de cette rencontre de Parakou.
1. Les Démocrates attendent du Sénat un véritable rôle dans la défense du pluralisme
La nouvelle chambre parlementaire a été au cœur des échanges. Pour Les Démocrates, l’installation du Sénat doit désormais être suivie d’un exercice effectif de ses prérogatives, notamment sur les questions touchant au fonctionnement démocratique du pays. Le député Habibou Woroucoubou a identifié le pluralisme comme le principal défi auquel la chambre haute devra répondre. Pour lui, la diversité des opinions doit pouvoir être préservée au sein des institutions.
Dans le même esprit, le président du parti, Nourénou Atchadé, a demandé au Sénat de se pencher sur certaines lois adoptées au cours des dernières années et que sa formation considère comme ayant porté atteinte aux principes démocratiques. Le responsable des Démocrates souhaite notamment que les sénateurs examinent les textes qui, selon lui, ont « mis à mal la démocratie » au Bénin.
Cette prise de position intervient alors que le Sénat vient récemment d’être installé et que son bureau a été mis en place. Pour Les Démocrates, la nouvelle institution doit donc démontrer qu’elle peut constituer un espace de réflexion, de dialogue et d’équilibre institutionnel. Kamel Ouassagari a, de son côté, lancé une mise en garde. Si le Sénat devait devenir, selon son expression, une simple institution de « censure des opposants », Les Démocrates promettent de réagir et de défendre fermement leurs positions.
2. La trêve politique ne signifie pas la fin de l’animation politique
Le deuxième message concerne la place de l’opposition dans la période de trêve politique. Devant les militants réunis à Parakou, Nourénou Atchadé a défendu le droit de son parti à continuer d’animer la vie politique nationale. Pour lui, la trêve ne doit pas être interprétée comme une suspension de toute activité politique. « La trêve politique n’est pas l’absence de l’animation de la vie politique dans notre pays car, la constitution a donné ce droit aux partis politiques et notre parti est régulièrement constitué », a-t-il déclaré.
Le président des Démocrates entend ainsi maintenir son parti dans le débat public malgré les contraintes de la période actuelle. La rencontre de Parakou apparaît, dans cette perspective, comme un signal de remobilisation et de présence sur le terrain. Le parti entend poursuivre les rencontres avec ses militants dans plusieurs localités afin de consolider ses structures et de maintenir le contact avec les populations. Cette volonté de rester actif s’accompagne également d’un discours de fermeté sur le rôle de l’opposition. Nourénou Atchadé a notamment estimé que « le pouvoir de Wadagni n’a aucun intérêt à voir l’opposition être supprimée ».
3. Les Démocrates saluent certaines actions de Wadagni, tout en maintenant leur vigilance
Le troisième message porte sur l’action du nouveau pouvoir. Sur ce point, le discours des Démocrates ne s’est pas limité à la critique.
Nourénou Atchadé a reconnu des avancées sur le plan social, rappelant que plusieurs préoccupations aujourd’hui prises en compte par les autorités figuraient déjà parmi les revendications défendues par son parti.
Une reconnaissance qui ne signifie toutefois pas un changement de posture. Le président du parti d’opposition a indiqué que sa formation politique continuera de dénoncer les éventuelles dérives du pouvoir. « Nous avons apprécié, mais s’il y a des dérives, nous allons les critiquer », a-t-il prévenu.
Cette position traduit la ligne que la formation entend maintenir : saluer les mesures jugées positives tout en conservant une capacité de critique et de contrôle de l’action gouvernementale. Les responsables du parti ont également salué la démarche entreprise par le président Romuald Wadagni auprès des autorités nigériennes. Son déplacement à Niamey, destiné notamment à favoriser la réouverture des frontières entre le Bénin et le Niger, a été présenté comme une initiative allant dans le sens des intérêts des populations des deux pays.
Les Démocrates ont toutefois exhorté la partie nigérienne à poursuivre le dialogue afin de parvenir à une réouverture effective des frontières. Pour le parti, cette question dépasse les considérations politiques et concerne directement les populations et les échanges entre deux pays voisins et frères.
