Politique

CEDEAO : le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger a fragilisé l’intégration régionale, selon le Nigeria

Isidore Yisségnon ATINDÉYÈTIN•

Le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a affaibli certains mécanismes d’intégration régionale, estime Sunday Dare, conseiller spécial du président nigérian Bola Ahmed Tinubu chargé des médias et de la communication publique. Il s’exprimait jeudi 3 septembre 2026 à Abuja, lors d’un colloque organisé par le ministère nigérian de la Défense.

CEDEAO : « le retrait des pays de l’AES a perturbé les mécanismes régionaux », admet le Nigéria
CEDEAO : « le retrait des pays de l’AES a perturbé les mécanismes régionaux », admet le Nigéria

 

Selon Sunday Dare, conseiller spécial du président nigérian Bola Ahmed Tinubu chargé des médias et de la communication publique, la rupture des Etats de l'AES a créé une « crise régionale majeure » et affecté plusieurs instruments de coopération au sein de l’espace ouest-africain.

Il a notamment évoqué les dispositifs destinés à favoriser l’intégration économique ainsi que la libre circulation des biens et des services. Pour le responsable nigérian, la nouvelle configuration régionale constitue un défi pour les mécanismes de coopération existants.

 

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger avaient annoncé en janvier 2024 leur décision de quitter l'organisation. Leur sortie est devenue effective le 29 janvier 2025. Les trois États ont depuis renforcé leur coopération dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES).

 

L’AES comme nouveau cadre régional

 

Sunday Dare a également évoqué l’Alliance des États du Sahel, devenue le principal cadre de coopération entre les trois pays sur les plans politique, diplomatique et sécuritaire.

 

« Cela a finalement conduit à la création de l’AES, un autre cadre régional en opposition à la CEDEAO. Mais cela a également remis en question les autres instruments et protocoles dont nous disposons pour la coopération régionale », a-t-il déclaré.

 

Sur le plan chronologique, l’AES avait toutefois été créée en 2023, avant l’annonce de la décision de quitter la CEDEAO en janvier 2024.

 

Les frontières au cœur des enjeux de sécurité

 

Au cours de son intervention, le conseiller spécial de Bola Tinubu a également insisté sur l’importance de la gestion des frontières pour la sécurité et l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest.

 

Selon lui, des frontières correctement administrées permettent de faciliter le commerce légal et la circulation tout en renforçant la sécurité. À l’inverse, des contrôles insuffisants peuvent favoriser les trafics, l’instabilité et d’autres menaces sécuritaires.

 

Il a ainsi présenté les frontières nationales comme une ligne de front essentielle pour la stabilité du Nigeria et de la région.

 

Le Nigeria dément la fermeture de ses frontières

 

Sunday Dare a par ailleurs rejeté les affirmations selon lesquelles les frontières nigérianes seraient fermées.

« Les frontières du Nigeria sont ouvertes », a-t-il affirmé, précisant qu’elles restent soumises aux contrôles des agences gouvernementales compétentes.

 

Il a souligné qu’une frontière ouverte ne devait pas être comprise comme une absence de contrôle ou une liberté de circulation sans restriction. L’objectif, selon lui, est de concilier la facilitation des échanges avec les impératifs de sécurité.

 

Le responsable nigérian a également appelé les responsables politiques à ne pas instrumentaliser la sécurité aux frontières à des fins électorales.

 

La CEDEAO face à une nouvelle configuration régionale

 

Cette évolution intervient alors que la CEDEAO poursuit son fonctionnement avec les États qui demeurent membres de l’organisation. Le 1er septembre 2026, le Sénégalais Birame Diop a pris ses fonctions de président de la Commission de la CEDEAO à Abuja. Il a notamment affiché sa volonté de maintenir le dialogue et la coopération avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, malgré leur départ du bloc régional.

 

Les propos de Sunday Dare mettent ainsi en lumière les difficultés auxquelles l’organisation ouest-africaine est confrontée pour préserver ses mécanismes d’intégration et sa capacité de coopération régionale dans ce nouveau contexte.

PolitiquePublié le 04 septembre 2026 à 19h03, modifié le 12 octobre 2026 à 00h51

CEDEAO : le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger a fragilisé l’intégration régionale, selon le Nigeria

Le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a affaibli certains mécanismes d’intégration régionale, estime Sunday Dare, conseiller spécial du président nigérian Bola Ahmed Tinubu chargé des médias et de la communication publique. Il s’exprimait jeudi 3 septembre 2026 à Abuja, lors d’un colloque organisé par le ministère nigérian de la Défense.

RédactionIsidore Yisségnon ATINDÉYÈTIN
0 J'aime
0 Réaction
Partager
Écouter
3 min
604 mots
CEDEAO : « le retrait des pays de l’AES a perturbé les mécanismes régionaux », admet le Nigéria
CEDEAO : « le retrait des pays de l’AES a perturbé les mécanismes régionaux », admet le Nigéria

Le meilleur de l'info dans votre boîte mail.

Selon Sunday Dare, conseiller spécial du président nigérian Bola Ahmed Tinubu chargé des médias et de la communication publique, la rupture des Etats de l'AES a créé une « crise régionale majeure » et affecté plusieurs instruments de coopération au sein de l’espace ouest-africain.

Il a notamment évoqué les dispositifs destinés à favoriser l’intégration économique ainsi que la libre circulation des biens et des services. Pour le responsable nigérian, la nouvelle configuration régionale constitue un défi pour les mécanismes de coopération existants.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger avaient annoncé en janvier 2024 leur décision de quitter l'organisation. Leur sortie est devenue effective le 29 janvier 2025. Les trois États ont depuis renforcé leur coopération dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES).

L’AES comme nouveau cadre régional

Sunday Dare a également évoqué l’Alliance des États du Sahel, devenue le principal cadre de coopération entre les trois pays sur les plans politique, diplomatique et sécuritaire.

« Cela a finalement conduit à la création de l’AES, un autre cadre régional en opposition à la CEDEAO. Mais cela a également remis en question les autres instruments et protocoles dont nous disposons pour la coopération régionale », a-t-il déclaré.

Sur le plan chronologique, l’AES avait toutefois été créée en 2023, avant l’annonce de la décision de quitter la CEDEAO en janvier 2024.

 

Les frontières au cœur des enjeux de sécurité

Au cours de son intervention, le conseiller spécial de Bola Tinubu a également insisté sur l’importance de la gestion des frontières pour la sécurité et l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest.

Selon lui, des frontières correctement administrées permettent de faciliter le commerce légal et la circulation tout en renforçant la sécurité. À l’inverse, des contrôles insuffisants peuvent favoriser les trafics, l’instabilité et d’autres menaces sécuritaires.

Il a ainsi présenté les frontières nationales comme une ligne de front essentielle pour la stabilité du Nigeria et de la région.

Le Nigeria dément la fermeture de ses frontières

Sunday Dare a par ailleurs rejeté les affirmations selon lesquelles les frontières nigérianes seraient fermées.

« Les frontières du Nigeria sont ouvertes », a-t-il affirmé, précisant qu’elles restent soumises aux contrôles des agences gouvernementales compétentes.

Il a souligné qu’une frontière ouverte ne devait pas être comprise comme une absence de contrôle ou une liberté de circulation sans restriction. L’objectif, selon lui, est de concilier la facilitation des échanges avec les impératifs de sécurité.

Le responsable nigérian a également appelé les responsables politiques à ne pas instrumentaliser la sécurité aux frontières à des fins électorales.

 

La CEDEAO face à une nouvelle configuration régionale

Cette évolution intervient alors que la CEDEAO poursuit son fonctionnement avec les États qui demeurent membres de l’organisation. Le 1er septembre 2026, le Sénégalais Birame Diop a pris ses fonctions de président de la Commission de la CEDEAO à Abuja. Il a notamment affiché sa volonté de maintenir le dialogue et la coopération avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, malgré leur départ du bloc régional.

Les propos de Sunday Dare mettent ainsi en lumière les difficultés auxquelles l’organisation ouest-africaine est confrontée pour préserver ses mécanismes d’intégration et sa capacité de coopération régionale dans ce nouveau contexte.

Journaliste

Isidore Yisségnon ATINDÉYÈTIN

Journaliste passionné par l'actualité politique et judiciaire au Bénin. Reporteur pour Libre Express.

Commentaires (0)

Soyez le premier à réagir à cet article.