Les ministres guinéens sont désormais prévenus : les retards, les approximations et les dépenses sans impact concret ne devraient plus être tolérés. Face à son gouvernement, Mamadi Doumbouya a appelé à une accélération de l’action publique et à une plus grande rigueur dans la conduite des projets.

Le chef de l’État a replacé ces exigences dans le cadre de Simandou 2040, qu’il présente comme la traduction opérationnelle du projet de « Refondation » de la Guinée. « La Refondation n’est pas un slogan : c’est un contrat que nous avons passé avec le peuple souverain de Guinée », a-t-il déclaré, estimant que ce programme engage la Nation et les générations futures.

1- Une obligation de résultats dans l’exécution des projets

La première exigence présidentielle concerne la discipline dans la mise en œuvre des projets et des réformes. Mamadi Doumbouya demande que chaque projet inscrit dans le portefeuille de Simandou 2040 soit associé à des étapes précises et à des échéances clairement définies. Ces délais, a-t-il insisté, ne doivent pas être considérés comme de simples indications.

Le président guinéen a ainsi ordonné la mise en place, dès septembre, d’un tableau de bord mensuel permettant de suivre l’exécution physique et financière des projets. Ce document devra être transmis au Secrétariat général du gouvernement ainsi qu’au Comité stratégique de Simandou. Les taux d’avancement devront ensuite être examinés en Conseil des ministres. L'objectif est de disposer d'une visibilité régulière sur les réalisations et d'identifier plus rapidement les éventuels blocages.

2- « Chaque franc guinéen engagé » devra produire un résultat

La deuxième exigence porte sur la qualité de la dépense publique. Le président guinéen rappelle que le pays a mobilisé des financements privés d’une ampleur qu’il présente comme inédite dans son histoire. Pour lui, ces ressources imposent une obligation de transparence et d’efficacité. « Chaque franc guinéen engagé doit produire un résultat visible, mesurable et vérifiable », a martelé Mamadi Doumbouya.

Le chef de l’État a également prévenu qu’il ne tolérerait « ni le gaspillage, ni la dépense de prestige, ni les marchés attribués en marge des procédures ». Une position qui vise notamment à renforcer la discipline dans l’utilisation des ressources consacrées aux projets publics.

3- Aucun projet sans études préalables

Troisième exigence : la maturation des projets avant leur financement. Mamadi Doumbouya veut mettre fin aux investissements lancés sans préparation suffisante. Il a ainsi demandé qu’aucun projet ne soit désormais inscrit ou financé sans une étude de faisabilité complète, un montage juridique sécurisé et un plan de maintenance.

Le président guinéen a justifié cette orientation par les difficultés rencontrées dans le passé pour entretenir certaines infrastructures après leur réalisation. L’objectif est donc de prendre en compte, dès la conception, les conditions de fonctionnement et de maintenance des ouvrages. Cette exigence doit également permettre de réduire les risques liés aux projets insuffisamment préparés avant leur lancement.

4- Les investissements doivent profiter davantage aux Guinéens

La quatrième directive concerne le contenu local et l’emploi. Pour Mamadi Doumbouya, les investissements réalisés en Guinée ne doivent pas seulement produire des infrastructures ou mobiliser des capitaux. Ils doivent également permettre aux populations de bénéficier directement des retombées économiques des projets.

Le chef de l’État demande ainsi que les investissements contribuent à former les Guinéens, à créer des emplois et à renforcer leurs compétences. Il a notamment cité la Simandou Academy comme un outil destiné à accompagner cette montée en compétences. Un point d’étape trimestriel devra par ailleurs être établi sur les engagements pris par les différents partenaires en matière de contenu local.

5- Les ministres sommés de quitter leurs bureaux

C’est la cinquième exigence qui donne probablement le ton le plus direct du message présidentiel : les membres du gouvernement doivent être présents sur le terrain. « Un ministre ne gouverne pas depuis son bureau », a lancé Mamadi Doumbouya. Le chef de l’État veut voir les ministres sur les chantiers, mais aussi dans les préfectures, les sous-préfectures, les districts et les villages. Ils devront aller au contact des populations afin de constater directement les réalités locales et de suivre l’état d’avancement des projets.

Ces instructions interviennent par ailleurs dans un contexte politique marqué par le départ récent de deux membres du gouvernement. Le 21 août 2026, Mory Condé et Mourana Soumah avaient été limogés de leurs fonctions, sans que les décrets annonçant leur départ ne détaillent les motifs de ces décisions.