C'est une page qui se tourne dans l'histoire des relations franco-sénégalaises. Après plus de 60 ans de présence militaire continue, la France a procédé jeudi à la rétrocession de ses deux dernières bases au Sénégal, lors d'une cérémonie chargée de symboles.

Au son de l'hymne national sénégalais, le drapeau vert, jaune et rouge a été hissé sur la place d'armes du camp Geille, la plus vaste implantation militaire française à Dakar. Ce camp de cinq hectares, situé en plein cœur de la capitale, était le dernier bastion de la présence française dans le pays.

« C'est un tournant important dans le riche et long parcours de coopération entre le Sénégal et la France », a déclaré le général Mbaye Cissé, chef d'état-major de l'armée sénégalaise, lors de la cérémonie. Il a évoqué « la nouvelle doctrine de défense » voulue par les autorités sénégalaises, basée sur un partenariat fondé sur la souveraineté de chaque pays.

De son côté, le général Pascal Ianni, à la tête du commandement de l'armée française pour l'Afrique, a parlé  « d'une nouvelle étape » et « d'un changement nécessaire » dans la coopération militaire. « Nous devons réinventer nos partenariats face à la jeunesse », a-t-il ajouté, indiquant que « plus besoin de base » pour cela.

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Cette restitution marque la fin d'une présence militaire française au Sénégal qui remonte à l'époque coloniale. Ce départ s'inscrit dans un processus de discussions entamées dès 2022 entre Paris et Dakar. Un dialogue apaisé et constructif qui a conduit à la fermeture des dernières bases militaires françaises au Tchad et en Côte d'Ivoire en 2025.

Alors que la présence militaire permanente française prend fin, la coopération entre les deux pays se poursuivra, notamment sous forme de formations conjointes, de surveillance maritime et de lutte contre la cybercriminalité. « Il ne s'agit pas d'une rupture mais d'un nouveau partenariat », assurent les autorités des deux côtés.

Cette page tournée marque néanmoins la fin d'une ère pour la France en Afrique de l'Ouest. Hormis une emprise franco-gabonaise à Libreville et une base à Djibouti, la France n'a plus de présence militaire permanente sur le continent africain.