Le Bénin dispose désormais d'un Système Automatisé d'Identification par Empreintes Digitales et Palmaires (AFIS), un dispositif de pointe permettant de remonter directement aux auteurs potentiels d'infractions à partir des traces et indices relevés par la police technique et scientifique. Cet outil a été mis en service lors d'une cérémonie officielle présidée par le ministre de la Justice, Yvon Détchénou, et le ministre de l'Intérieur, Alassane Séidou, à la Direction Générale de la Police Républicaine.
« L'inauguration de l'AFIS s'inscrit dans une logique de consolidation du programme d'actions du gouvernement pour renforcer l'efficacité de la chaîne pénale », a souligné le ministre de la Justice. Le rattachement récent de la police judiciaire à l'autorité judiciaire vise en effet à « assurer une plus grande cohérence, une meilleure efficacité et une responsabilisation accrue des acteurs dans la lutte contre la criminalité ».
Cet investissement s'inscrit dans le cadre du programme du Système d'Information Policière d'Afrique de l'Ouest (SIPAO), dont l'acte additionnel a été approuvé le 22 juin 2025 à Abuja au Nigéria. Ce dispositif régional permettra un échange d'informations policières entre les 15 pays d'Afrique de l'Ouest, renforçant ainsi la coopération transfrontalière dans la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme.
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« L'AFIS permettra d'identifier de manière fiable les auteurs d'infractions, de consolider les preuves devant les juridictions et d'innocenter les personnes injustement soupçonnées », a déclaré Amadou Diongue, le représentant résident de la CEDEAO au Bénin. Selon lui, cet outil incarne la "sécurité humaine" prônée par la Vision 2050 de l'organisation régionale, en garantissant la protection des citoyens et la justice.
Financé par l'Union européenne, le projet AFIS s'inscrit dans une dynamique d'intégration de nouvelles technologies plus innovantes, a souligné Faure Rémy, représentant de la délégation de l'UE au Bénin. Au-delà des empreintes digitales, l'identification biométrique, comme l'analyse d'ADN et la reconnaissance faciale, permettra de créer une base de données centralisée, facilitant ainsi la prévention et la résolution des enquêtes criminelles.
« Incriminer des individus ayant commis des crimes sur la base de preuves matérielles tangibles, telles que les empreintes digitales ou palmaires, est un élément essentiel dans le processus pénal », a expliqué Faure Rémy. Cet investissement dans les technologies d'identification biométrique contribuera donc à renforcer l'efficacité et la crédibilité des enquêtes policières et judiciaires, rétablissant ainsi la confiance entre les citoyens et les institutions.
Parallèlement à la mise en service de l'AFIS, le service de police technique et scientifique de la Direction de la Police Judiciaire a bénéficié d'un renforcement de son plateau technique et d'une rénovation, toujours dans le cadre du programme SIPAO. Ces investissements permettront une modernisation des capacités d'investigation de la police béninoise.
