Les treize cadres du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), une formation politique fondée par l’ancien président Laurent Gbagbo, ont été convoqués à la Police criminelle pour audition, ont indiqué mardi des sources proches du parti. Parmi ces personnalités, toutes du même parti, selon les informations reçues, figurent Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du parti, Justin Koné Katinan, président du Conseil stratégique et politique, Michel Gbagbo, député d’Abobo, Me Habiba Touré, porte-parole du parti.

À cette liste s’ajoute Assoa Adou, secrétaire général du parti, Damana Pickass, vice-président chargé de la jeunesse, ainsi que Demba Traoré, Kassoum Fadiga, Zéréhoué Yoro Édouard, Sam Etiassé, Hubert Oulaï et Séhi Gaspard et Jean Gervais Tchéidé, secrétaire général.

Avant la convocation des dignitaires du parti de Laurent Gbagbo, sept responsables du parti PDCI-RDA ont été convoqués. Plusieurs observateurs de la vie politique se disent redoutent une nouvelle pression politique, au lendemain de la présidentielle du 25 octobre.

À travers ces convocations individuelles rendues aux dignitaires du parti d’opposition, plusieurs observateurs y voient la poursuite des enquêtes liées aux manifestations du 11 octobre. À cette date, des mouvements de contestation ont été organisés conjointement par le PPA-CI et le PDCI-RDA, pour protester contre le quatrième mandat du président Alassane Dramane Ouattara.

Un communiqué publié par le procureur Koné Braman, a révélé que plusieurs personnes interpellées lors des manifestations du 11 octobre dernier détenaient des armes de guerre sur eux. Ces nouvelles convocations par la police criminelle interviennent donc dans un climat tendu au lendemain de l’élection présidentielle.

Dans cette vague de manifestations, l’opposition a dénoncé un scrutin peu crédible, verrouillé et entaché d’irrégularités, au moment où la Commission électorale indépendante (CEI) a proclamé la réélection d’Alassane Ouattara avec 89,77 % des suffrages exprimés.

Au lendemain des contestations, des centaines de personnes ont été arrêtées. Des sources judiciaires indiquent que plus de 700 personnes ont été interpellées depuis le début des manifestations orchestrées par l’opposition politique.

Par ailleurs, plusieurs responsables du parti de Laurent Gbagbo qui contestent le 4ᵉ mandat de Alassane Dramane Ouattara, font déjà l’objet de procédures judiciaires, bien avant la convocation des responsables de la formation.

Ces interpellations suivies d’audition sont qualifiées de tentative d’intimidation politique au sein du PPA-CI. Un cadre du parti sous couvert d’anonymat, relayé par Linfodrome a déclaré qu’ « On cherche à réduire au silence les principaux responsables du parti, alors même que nous appelons à un dialogue pacifique ».

Isidore Atindéyètin