Le Bénin renforce la capacité des acteurs chargés de la lutte contre le blanchiment des capitaux et les avoirs criminels. Dans un contexte mondial marqué par l’intensification des flux financiers, la circulation des personnes, des biens et des données, la justice béninoise s’arme pour lutter efficacement contre la criminalité transnationale organisée sous toutes ses formes. L’atelier a réuni des représentants de la BEF, de l’INTERPOL Cotonou, de l’OCERTID, de la Brigade criminelle, des unites judiciaires, de l’ANRACS, de la Douane, de la CENTIF, de la CRIET ainsi que d’autres institutions engagées dans la lutte contre la criminalité économique et financière. Il vise à renforcer la compréhension commune des mécanismes de coopération judiciaire, à améliorer la coordination entre les différents acteurs et à promouvoir des pratiques plus efficaces en matière de gel, saisie et confiscation des avoirs criminels.
Dans son mot de bienvenue, la Directrice du BCEJ Madame Innocentia APOVO, a souligné que « la finalité première de toutes les activités criminelles demeure le profit et que les criminels sont contraints de blanchir ces fonds pour les réintroduire dans les circuits économiques légaux ». Elle a indiqué que la confiscation des avoirs criminels est indispensable pour affaiblir durablement les groupes criminels et rendre le crime moins rentable. Elle a également martélé que la coopération et l’entraide judiciaires constituent des outils incontournables pour la confiscation des avoirs criminels localisés à l’international.
Le Directeur national du Projet d’Appui au Renforcement de l’Accès à la Justice (PARAJ) Mr Onésime MADODE dans son mot d’ouverture a rappelé que cet atelier marque la seconde phase d’un processus entamé en août 2025. La première étape avait permis de traiter les crimes sous-jacents tels que le terrorisme, la traite des personnes et le trafic de drogue et la criminalité faunique. Cette nouvelle phase, financée par le budget national, témoigne d’une volonté d’appropriation locale de la lutte contre la criminalité transnationale et vise à consolider les acquis en ciblant le financement des activités illégales et le patrimoine illicite. Il a renchéri en disant que « la confiscation des avoirs criminels est une action stratégique puissante et a encouragé à une meilleure coordination opérationnelle entre services judiciaires, douaniers, policiers et toutes les autres structures afin de tracer, saisir et confisquer les biens d’origine criminelle, y compris ceux dissimulés à l’étranger.
L’atelier a permis d’aborder plusieurs thématiques, notamment les mécanismes de coopération et d’entraide judiciaires ; les techniques d’enquête et d’instruction liées au blanchiment des capitaux ; les outils juridiques et opérationnels de saisie, de gel et de confiscation des avoirs criminels ainsi que les bonnes pratiques en matière de collaboration interinstitutionnelle au plan national.
Les échanges ont mis en lumière la nécessité de la systématisation de l’enquête financière dans toutes les enquêtes criminelles et le renforcement constant de la coopération entre les services d’enquête, les Magistrats et les autorités administratives, face à la complexification de la criminalité transnationale organisée.
Outre les recommandations, les travaux de l’atelier ont débouché sur la production d’un projet de manuel de formation continue qui, une fois finalisé, sera mis à la disposition de l’École de Formation des Professions Judiciaires.
En clôturant les travaux, La Directrice de la Coopération et de l’entraide judiciaires Madame Innocentia APOVO a exprimé sa gratitude à tous les participants au regard de la qualité des travaux et les a exhorté à poursuivre ensemble les efforts en faveur d’une justice efficace et credible tournée vers la coopération et l’entraide judiciaires.
