Le général Tiani relance les tensions entre Niamey et Cotonou. S’exprimant à Gaya le samedi 8 novembre 2025, le général Abdourahamane Tiani a tenu un discours accusateur à l’égard du Bénin. Il allègue que le Bénin est en connivence avec la France pour déstabiliser son pays. « Vous verrez, à Tourou, dans le W, dans la Pendjari, l'ensemble des forces que nous avons expulsées de notre territoire et à travers la frontière avec le pays frère du Tchad se sont retrouvées sur le territoire béninois », a-t-il argué.
Le chef d'État nigérien a réitéré son accusation contre la France, qu’il soupçonne de vouloir « déstabiliser » son pays depuis le territoire béninois. « Il est temps que ceux qui pensent que nous aimons juste pointer du doigt se réveillent et comprennent la détermination, la volonté de la France à nous déstabiliser », a-t-il insisté. Pour le dirigeant nigérien, ces agissements constituent une preuve supplémentaire de l’ingérence persistante de l’ancienne puissance coloniale dans les affaires du Niger.
Une dizaine d'embarquement de militaires français au Bénin selon le dirigeant nigérien
Dans son intervention, le général Tiani a aussi évoqué la présence d’un navire français à Cotonou. « Rien qu'avant-hier, il y a un porte-hélicoptères amphibie qui s'appellerait Tonnerre, qui a accosté au port autonome de Cotonou. À bord, c'est des milliers de soldats français », a-t-il exprimé. Selon lui, ce navire ne serait pas en mission d’exercice, contrairement à la version avancée par certains, mais participerait à un dispositif de soutien logistique. Le dirigeant nigérien a ajouté que ce type d’arrivée n’était pas isolé. Il a indiqué qu’« ils doivent être à leur dixième débarquement à Cotonou », évoquant des précédents datés du 7 décembre. Ces mouvements récurrents, selon lui, prouvent une installation durable des forces françaises au Bénin.
Quid de l'ouverture ou non de la frontière
Enfin, le général Tiani a lié la situation à la fermeture de la frontière nigéro-béninoise. « Tant que la situation n’évoluera pas du côté béninois, le Niger n’a d’autre choix que de maintenir la frontière fermée. L’ouvrir reviendrait à trahir les aspirations du peuple nigérien », a-t-il déclaré. Une position laisse peu d’espoir à un rétablissement rapide des échanges entre les deux pays, malgré les appels au dialogue.
Hervé Atika
