Face aux défis de la criminalité transnationale, les acteurs judiciaires béninois se rencontrent pour examiner les progrès réalisés et les améliorations à envisager. Cet atelier d'échanges a eu lieu le vendredi 14 novembre 2025 à Cotonou. Dès l’ouverture, la Directrice du Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaires, Innocentia APOVO MONTEIRO a rappelé que la lutte contre la criminalité transnationale organisée ne peut être gagnée sans la coopération et l’entraide judiciaires. Elle a indiqué que le BCEJ institué il y a deux ans a traité des centaines de demandes, organisé des activités de renforcement de capacité des acteurs judiciaires et consolidé la cooperation interinstitutionnelle au plan national. « Deux années durant lesquelles nous avons posé les fondations d'une institution qui, je l'espère, servira durablement la justice béninoise et nos partenaires internationaux », a déclaré la Directrice.
Elle a précisé que le bureau a déjà traité de nombreux dossiers et noué des liens de confiance avec plusieurs acteurs internationaux. Parmi les dossiers traités figurent la facilitation de résolution de litiges transfrontaliers, le soutien des procédures d’extradition et des actions qui ont permis de protéger des enfants concernés par des situations à portée internationale.
Elle a aussi expliqué que l’institution doit encore se renforcer afin de mieux répondre aux demandes de cooperation. « Cet atelier d'évaluation est une opportunité précieuse. C'est un moment de construction collective où nous devons définir ensemble la feuille de route des années à venir », déclare-t-elle.
Un dispositif présenté comme le point focal national
Le Ministère de la Justice et de la Législation insiste sur le rôle central du BCEJ dans les relations judiciaires internationales. Moussa Adamou, Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux affirme que « le BCEJ est aujourd'hui le point focal de nos échanges avec les juridictions et autorités étrangères ».
Il ajoute que l’institution fait preuve de professionnalisme et a permis de renforcer la crédibilité du système judiciaire béninois auprès des partenaires de la sous-région et d’ailleurs. Selon lui, « aucune nation ne peut, à elle seule, lutter efficacement contre la criminalité organisée, le terrorisme, la cybercriminalité, la corruption, le trafic de drogue ou le blanchiment de capitaux ». L’entraide judiciaire symbolise donc pour lui un engagement partagé pour faire avancer les enquêtes au-delà des frontières.
Une mobilisation collective autour de la lutte contre la criminalité
Le procureur général près la cour d’appel de Cotonou, Comlan Christian Adjakas, a mis l’accent sur l’importance de la coopération dans un contexte où les infractions dépassent les frontières. Il rappelle qu’« un criminel peut rester au Bénin et commettre une infraction à l'étranger et vice versa ». Il souligne que ces réalités font que l'entraide judiciaire doit être « beaucoup plus active pour lutter contre la criminalité aussi bien qu'au plan international qu'à l'interne. »
Il a également étendu la responsabilité de la lutte anti-criminalité à l’ensemble de la société. Il a rappelé que le problème de sécurité « concerne tout le monde » et pense qu'il est impossible de lutter seul contre la criminalité, que ce soit pour les forces de l'ordre ou le système judiciaire. « Chacun de là où il se trouve doit participer à la lutte contre la criminalité. Les dénonciations doivent pouvoir émaner des citoyens et par ces dénonciations, ils peuvent contribuer à l'éradication de la criminalité », affirme-t-il.
Une initiative soutenue par des partenaires internationaux
Le Projet d'appui à l'entraide judiciaire en matière pénale est un programme financé par Expertise France et l’Agence française de développement. Il vise à « lutter contre la criminalité transnationale organisée en renforçant les dispositifs judiciaires d'entraide pénale internationale », a déclaré Montesquieux Hounhoui, Coordonnateur National du projet BEPI.
