La montée accrue du terrorisme au Nigéria et sur le continent africain en général ne saurait être jugulée par une certaine collaboration avec des sociétés militaires étrangères aux armées des Etats africains. Le président Bola Tinubu a rejeté l'implication de sociétés militaires et de sécurité privées dans les zones de conflit africaines au sommet UA/UE. Il argumente que leur déploiement « porte atteinte à la souveraineté de l'État et complique les efforts de lutte contre le terrorisme ».
La position tranchée de Tinubu sur la question s’est fait remarquer lors de la première session plénière sur le thème « Paix, sécurité, gouvernance et multilatéralisme ».
« Nous nous opposons fermement au recours à des sociétés militaires et de sécurité privée dans les conflits africains, car leur présence complique souvent les efforts de résolution et porte atteinte à la souveraineté des États », a déclaré le président nigérian aux dirigeants de l’UE, représenté par le vice-président Kashim Shettima.
Il a déclaré que les défis sécuritaires de l'Afrique, notamment le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, nécessitent des réponses coordonnées et menées par les États, plutôt que des forces parallèles aux mandats flous.
Cette position de Tinubu réaffirme l’engagement de longue date du Nigéria dans les missions de paix régionales, menées sous l'égide de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ( CEDEAO ) et de l'Union africaine (UA). Il a également souligné que le déclin actuel du multilatéralisme à l'échelle mondiale a engendré un climat de sécurité fragile, tout en saluant l'Union européenne comme l'une des rares plateformes restantes pour un dialogue intercontinental « fondé sur le respect mutuel et des aspirations partagées ».
Par ailleurs, le président Tinubu a réaffirmé l'engagement du Nigéria à promouvoir la paix et la stabilité démocratique en Afrique. En outre, Tinubu a souligné la demande du Nigéria pour l'obtention de sièges permanents au Conseil de sécurité des Nations Unies pour les nations africaines.
« Il est temps que l’Afrique obtienne des sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU, assortis de tous les privilèges qui en découlent, y compris le droit de veto. De véritables négociations sur la base de textes, dans le cadre des négociations intergouvernementales, doivent maintenant commencer », a déclaré le numéro 1 nigérian, appelant l’UE à soutenir le programme de réformes du continent.
Sur la question des défis sécuritaires régionaux, Tinubu a exposé les succès du Nigéria dans la lutte contre le terrorisme. Il a souligné que plus de 250 000 personnes affiliées à Boko Haram s’étaient rendues début 2025, grâce à une combinaison de mesures cinétiques et non cinétiques, notamment la Force multinationale mixte déployée dans le bassin du lac Tchad. « Début 2025, plus de 120 000 personnes affiliées à Boko Haram, y compris des membres de leurs familles, s’étaient rendues », a-t-il ajouté.
Le Nigéria a appelé l'UE à œuvrer de concert avec ses partenaires africains pour prévenir les changements anticonstitutionnels de gouvernement, soutenir les réformes de la gouvernance et lutter contre les discours extrémistes. En exemple, il a cité le conflit au Soudan, qui a fait plus de 40 000 morts et déplacé plus de 12 millions de personnes, comme exemple des conséquences de l'ingérence extérieure et de l'instabilité structurelle.
Il a également mis l’accent sur l'importance des cadres d'action africains pour lutter contre les migrations irrégulières, insistant sur la nécessité d'en reconnaître les causes économiques et démographiques. « La criminalisation de la mobilité n'a fait qu'aggraver l'insécurité. Notre tâche commune est de transformer la mobilité en voies sûres, ordonnées et productives, bénéfiques aux deux continents », a-t-il déclaré, citant le Corps d'assistance technique du Nigéria et les initiatives d'externalisation des processus métiers comme exemples.
Le président Tinubu a réaffirmé la volonté du Nigéria, de collaborer avec l'UE sur les initiatives de paix et de sécurité.
