La session plénière du parlement a adopté plus de 40 recommandations, et a également réclamé un audit national des armes à feu et des équipements de sécurité. Les deux institutions ont fini par confirmer le général Christopher Musa, désormais ancien chef d'état-major des armées au poste de ministre de la défense après un examen approfondi.

Selon les informations rapportées par The Guardian, le Sénat et la Chambre des représentants ont approuvé des résolutions de grande portée interdisant les rançons et les amnisties. De même, ces deux institutions ont exigé le renforcement du contrôle des armes, et des lois plus strictes pour lutter contre le terrorisme et les enlèvements de masse.

Mercredi à l’hémicycle, le parlement et le Sénat ont fait preuve d’une fermeté bipartite rare. Ils ont soumis l’ancien chef d’Etat-major à une séance d’audition tendue de trois heures, dans une atmosphère marquée par de vives protestations sur les questions intrinsèques à l’insécurité croissante au Nigéria. 

Dans un premier temps, la Chambre rouge avait rejeté les premières demandes invitant le candidat à « se retirer ». Musa a ensuite été soumis à un interrogatoire méticuleux sur plusieurs aspects en lien avec la sécurité. A savoir, le financement de la défense, les défaillances des services de renseignement, les lacunes technologiques, la montée du banditisme, l'infiltration terroriste et les circonstances qui résultent des récents manquements militaires et les enlèvements.

Le kidnapping désormais passible de peine de mort au Nigéria  

A cette session, les législateurs ont déclaré la sécurité des frontières comme une urgence nationale. Sous un autre angle, députés et sénateurs ont évoqué la proposition du Sénat, qui vise à classer l'enlèvement comme une infraction terroriste, et à imposer la peine de mort sans possibilité d'amende. Cette approche vise à doter le nouveau ministre d'un outil de dissuasion juridique plus sévère, selon le Sénat.

Le nouveau ministre de la défense, le général Musa a été catégorique, dans sa réponse aux sénateurs : « Aucune négociation avec les criminels. Le Nigeria doit cesser de verser des rançons et les États ne doivent pas conclure d’accords qui compromettent la sécurité nationale ».

Le nouveau patron de la défense a ajouté que la lutte contre l'insécurité ne peut être gagnée par les seuls militaires. « La bonne gouvernance, la justice et l’équité sont essentielles. La sécurité est une affaire locale. Nous devons associer la population à cette démarche. Nous avons besoin d’une base de données nationale exhaustive et unifiée. Seuls 25 à 30 % de cette guerre sont d’ordre militaire. Le reste relève de la gouvernance », a déclaré Musa.

Le nouveau ministre de la défense désigné a également insisté sur les mesures à mettre en place pour mettre fin aux enlèvements de masse. Il a énuméré les principaux points d'action, notamment le retrait des soldats des points de contrôle habituels et la prise en charge par la police et la protection civile ; le redéploiement des troupes dans les forêts pour traquer les terroristes, la lutte contre l'exploitation minière illégale liée au financement du terrorisme.

Musa a promis un régime professionnel rigoureux au sein des forces armées : « Pas d'indolence. Pas de lâcheté », a-t-il déclaré. Il a averti que le Nigéria ne devait laisser aucun répit aux terroristes.

A cette session, les députés ont interdit les demandes de rançon, et ont ordonné un audit national des armes à feu.

Par ailleurs, la Chambre des représentants a déclaré que désormais, les budgets de sécurité seraient traités comme une « dépense prioritaire » pour un décaissement rapide.