Au ministère de la Défense nationale, l’Armée de l’air se distingue avec la nomination du Général de corps aérien Bertin Bada au rang de Général d’armée aérienne à compter du 1er janvier 2026. Cette distinction marque un tournant dans l’histoire de l’aviation militaire béninoise.

L’Armée de terre enregistre également des avancements notables. Le Général de division Fructueux Candide Ahodègnon Gbaguidi sera promu Général de corps d’armée dès le 1er janvier, suivi du Général de division Abou Issa, dont la montée en grade prendra effet le 15 janvier 2026. Deux autres officiers rejoindront le cercle restreint des généraux de brigade. Le Colonel-major Djimon Dieudonné Tévoédjrè (1er janvier) et le Colonel Faïzou Gomina (15 janvier).

Du côté du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, la hiérarchie policière se consolide avec la promotion du Contrôleur général de police Brice Kocou Allowanou au grade d’Inspecteur général de Police de 2e classe. Cette élévation prendra effet le 15 janvier 2026 et reflète l’importance accordée à l’expérience et à la stabilité dans le commandement de la Police Républicaine.

Des nominations sur fond de crise sécuritaire

Cette vague de nominations, officialisée en Conseil des ministres le 26 décembre 2025, intervient un peu moins de trois semaines après la tentative de coup d’État déjouée dans la nuit du 7 décembre. Un contexte lourd, qui donne à ces décisions une portée particulière. Au petit matin du samedi 7 décembre 2025, le Bénin a frôlé une grave crise institutionnelle. Une tentative de coup d'État a été déjouée de justesse. L’opération clandestine visant à prendre le contrôle de plusieurs sites stratégiques de Cotonou, notamment le Palais de la Marina, siège de la présidence de la République, certains camps militaires, et des infrastructures clés de la sécurité nationale.

Le coup, minutieusement planifiée, impliquait un groupe d’éléments armés, pour la plupart en rupture de ban ou infiltrés dans certaines unités régulières. L'objectif affiché : renverser les institutions républicaines en place. Mais grâce à la vigilance des services de renseignement et à une riposte rapide et coordonnée des forces spéciales et de la Garde républicaine, la manœuvre a été avortée avant même sa phase active. Dans les heures suivant l’échec de l'opération, plusieurs individus impliqués ont été arrêtés, dont des militaires en activité et d’anciens officiers. Des perquisitions ont permis de saisir des armes, des équipements de communication et des documents compromettants. Le gouvernement a rapidement pris la parole pour rassurer la population, affirmant que « l’ordre constitutionnel a été préservé » et que « les auteurs répondront de leurs actes devant la justice ».

Cet épisode, le plus grave depuis plusieurs années, a mis en lumière la nécessité de renforcer la cohésion et la loyauté au sein des Forces de Défense et de Sécurité. C’est dans ce contexte tendu et stratégique que s’inscrivent les nominations au sommet de l’armée et de la police, décidées le 26 décembre 2025, et qui visent à consolider l’appareil sécuritaire national.