Peu avant six heures du matin, un agent de sécurité civile, éprouvé par une longue nuit de veille, s’était laissé gagner par la fatigue. Assis à son poste, le téléphone encore en main, il ne s’attendait pas à attirer l’attention d’un individu qui observait les environs. Profitant de cet instant de relâchement, le suspect tenta de s’emparer discrètement de l’appareil. La manœuvre échoua. Le léger mouvement suffit à tirer l’agent de son assoupissement. Surpris, il réagit aussitôt et lança un cri d’alerte. Pris de court, l’auteur de la tentative de vol s’enfuit à travers les rues encore calmes du quartier, espérant échapper à toute poursuite.
L’appel à l’aide déclencha cependant une réaction immédiate. Des collègues de l’agent, rejoints par des conducteurs de taxi-motos stationnés non loin, s’organisèrent spontanément pour poursuivre le fuyard. En quelques instants, cette mobilisation improvisée permit de le rattraper et de le neutraliser, illustrant une solidarité de proximité devenue décisive.
Informée sans délai, une patrouille du commissariat du 8ᵉ arrondissement se rendit sur place pour procéder à l’interpellation formelle du suspect. Conduit au commissariat pour les premières auditions, l’homme interpellé a reconnu les faits. Il a également admis être un habitué de ce type de larcins et a livré des indications précises sur le circuit de revente de ses prises. Selon ses déclarations, les téléphones et autres objets volés étaient écoulés auprès d’un technicien en téléphonie installé dans l’enceinte du marché Dantokpa.
Les enquêteurs ont aussitôt exploité ces informations. Une descente ciblée a été menée dans la boutique désignée, aboutissant à l’interpellation du receleur présumé et à la découverte d’un stock important d’objets suspectés de provenir de vols. Les saisies effectuées font état de cinquante (50) smartphones android et dix-huit téléphones à touches ; deux ordinateurs portables et une tablette numérique ; de nombreux accessoires électroniques ; une moto de marque PCX dépourvue d’immatriculation ; une somme de 54 875 francs CFA, considérée comme issue de la revente des biens dérobés.
À l’issue de l’opération, les deux individus ont été placés en garde à vue. Une enquête judiciaire approfondie est en cours afin d’identifier l’origine exacte des objets saisis, de retrouver les victimes éventuelles et de déterminer l’existence d’autres complices impliqués dans ce circuit de recel.
