La rencontre des chefs d’état-major des armées des pays membres de la CEDEAO, qui s’est tenue dans la capitale sierra-léonaise, a permis aux responsables militaires de dresser un état des lieux précis de la situation sécuritaire et d’harmoniser leurs réponses face à l’expansion des groupes armés terroristes, à la recrudescence des violences transfrontalières et à l’essor des réseaux criminels organisés. À l’issue des discussions, les chefs d’état-major ont validé la création d’une force en attente composée, dans une première phase, d’au moins 2 000 soldats fournis par les États membres.

Rompre avec la dépendance extérieure en matière de sécurité

Sur le plan logistique, la CEDEAO a décidé d’installer un dépôt commun à Freetown, destiné à centraliser les équipements et les moyens nécessaires aux futures opérations. Ce hub logistique, financé par des ressources locales, doit permettre à la force régionale de gagner en autonomie et en efficacité. Pour les participants à la réunion, cette organisation marque une rupture avec une dépendance jugée excessive vis-à-vis des financements extérieurs dans les opérations de sécurité menées sur le continent.

La question du financement a d’ailleurs occupé une place centrale dans les échanges. Plusieurs responsables militaires ont insisté sur la nécessité pour l’Afrique de l’Ouest d’assumer elle-même le coût de sa sécurité. « Il n’est pas normal que, pour assurer la sécurité de l’Afrique, l’argent vienne entièrement d’Europe », a souligné l’un des participants, résumant l’état d’esprit qui a prévalu lors des discussions. Cette volonté d’autonomisation financière est perçue comme un levier essentiel pour garantir la crédibilité et la pérennité de la force en attente.

Au-delà de la lutte contre le terrorisme, la mission de ce dispositif couvre également la prévention des crises sécuritaires majeures, la lutte contre la criminalité transnationale et la contribution à la stabilité politique dans l’espace communautaire. Les chefs d’état-major estiment que cette force pourrait être engagée dans les tout prochains mois, à mesure que les mécanismes de coordination et de commandement seront finalisés.