Plus de 3000 réfugiés nigérians présents au Bénin, précisément à Ségbana. L'alerte vient de l'organisation humanitaire Médecins sans frontières. Début février 2026, plusieurs villages nigérians ont été attaqués. Konkosso, Kokani, Zatinna, Kigbèra et Mazé sont concernés. Face à l'insécurité, des milliers de personnes ont traversé la frontière et ont cherché refuge à Ségbana, commune béninoise. « La commune de Ségbana accueille aujourd'hui plus de 3000 réfugiés », indique Médecins sans frontières.
Les conditions d'accueil sont très difficiles. « La majorité est arrivée sans ressources et dépend largement de la solidarité des communautés hôtes. Les conditions d'hébergement sont particulièrement précaires avec des situations de promiscuité importantes », précise l'ONG. « Ma femme et les enfants dorment dans une autre maison avec d'autres femmes. Moi je dors avec d'autres personnes dans une petite pièce où nous sommes plus de 20. », témoigne Ibrahim, 45 ans, père de sept enfants.
La détresse psychologique est massive. « De nombreuses personnes présentent des signes de détresse psychologique, notamment des troubles du sommeil, de l'anxiété ou un repli sur soi », alerte MSF. Entre le 4 et le 22 mars 2026, l'ONG a mené une vaste opération médicale. Selon le bilan, 2541 consultations, dont 589 pour des enfants de moins de 5 ans, ont eu lieu. 438 consultations prénatales et 69 accouchements assistés ont été réalisés. Dix-neuf consultations de soutien mental ont été faites.
Une campagne de vaccination a été organisée mi-mars a pris en compte les enfants de moins de 5 ans afin de prévenir la rougeole et la méningite. 5157 enfants ont bénéficié d'un dépistage nutritionnel. 522 enfants souffrent de malnutrition aiguë modérée. 23 enfants présentent une malnutrition aiguë sévère. Des séances de sensibilisation sur les bouillies enrichies ont été proposées aux parents.
MSF a distribué 600 kits essentiels. Savon, moustiquaires, pastilles de purification d'eau et articles d'hygiène. Des réservoirs de 5000 litres ont été installés au centre de santé. Les équipes ont réalisé des vidanges de fosses. 17 latrines d'urgence ont été construites. L'ONG poursuit ses actions. La situation reste fragile pour ces milliers de réfugiés nigérians.
