Placée sous l’autorité du chef d’état-major général des Forces armées béninoises, le Général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi, la cérémonie s’est ouverte par une minute de silence en mémoire des soldats tombés au combat. Un hommage appuyé dans un contexte sécuritaire où les technologies de surveillance et d’intervention à distance prennent une importance croissante.
Dans son allocution, le commandant de l’Enso, le Lieutenant-colonel Fidèle Toudonou, a mis en avant le caractère inédit de cette promotion et la portée stratégique de cette spécialisation. Il a rappelé que les drones s’imposent aujourd’hui comme des outils clés dans la conduite des opérations militaires, notamment face aux menaces asymétriques telles que le terrorisme.
Un parcours structuré entre tradition militaire et technologies de pointe
Lancé le 19 mai 2025, ce premier Cours de sous-officiers opérateurs de drones a constitué un défi pédagogique pour l’établissement. Les stagiaires, au nombre de 100 dont quatre femmes, ont suivi un parcours structuré entre formation militaire classique à Ouidah et apprentissages techniques à la Base aérienne de Cana. Ils y ont été initiés à l’utilisation de drones multicoptères et d’aéronefs à décollage et atterrissage verticaux (VTOL).
Le contenu de la formation, particulièrement étoffé, a combiné des enseignements en tactique, topographie, armement et tir de combat, avec des modules spécialisés portant sur le sauvetage au combat, la lutte contre les engins explosifs improvisés, le combat en zone urbaine et l’aguerrissement commando. Cette approche intégrée a permis à l’ensemble de la promotion de valider sa formation, avec un taux de réussite de 100 %.
Vers une montée en puissance des capacités drones
Dans la perspective de consolider ces acquis, le commandement de l’Enso a annoncé la mise en place prochaine d’une cellule dédiée aux drones, destinée à intégrer pleinement cette capacité dans les exercices tactiques. En attendant, les apprenants ont fait preuve d’initiative en recourant à leurs propres équipements pour simuler des missions de reconnaissance et d’appui, dans le sillage d’une expérience acquise lors d’une mission d’étude en France, à l’École des sous-officiers de Saint-Maixent.
La formation des nouveaux sous-officiers se poursuivra à la Base aérienne de Cana, avec pour objectif de renforcer l’efficacité opérationnelle tout en réduisant les dommages collatéraux. Ces spécialistes seront appelés à intervenir dans des missions de surveillance du territoire, d’appui aux unités engagées, de collecte de renseignement et de guidage des feux.
Une consécration sous haute autorité militaire
Clôturant son propos, le Lieutenant-colonel Fidèle Toudonou a exhorté les nouveaux sous-officiers à incarner les valeurs de leur école : « Vous êtes dorénavant les ambassadeurs de l’Enso et de ses idéaux ». Il a également salué la qualité de l’encadrement ayant permis d’atteindre ce niveau de formation.
La cérémonie a rassemblé plusieurs autorités militaires de haut rang, notamment des membres du haut commandement ainsi que des officiers généraux et supérieurs des forces de défense et de sécurité, témoignant de l’importance stratégique accordée à cette première promotion dédiée aux opérations de drones.
