Les faits remontent au 14 mars 2026, dans le quartier de Kilwin. Ce jour-là, l’homme, circulant à moto sans casque, est arrêté dans le cadre d’un contrôle routier de routine mené par la police. Jusque-là banal, l’épisode prend une autre tournure lorsque l’intéressé conteste son interpellation. Il estime en effet être injustement ciblé, affirmant que d’autres conducteurs, eux aussi sans casque, circulaient librement sans être inquiétés.
Dans ce contexte de frustration, le motocycliste décide de sortir son téléphone portable pour filmer la scène, sans obtenir l’accord des agents présents. Ce geste, perçu comme une entrave au travail des forces de sécurité, va rapidement faire dégénérer la situation. Les policiers procèdent alors à la saisie de la moto et du téléphone du contrevenant, avant son placement en détention provisoire à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou.
Présenté devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I, le prévenu reconnaît les faits. À la barre, il tente de justifier son attitude : « J’ai filmé pour avoir des preuves », explique-t-il, tout en admettant connaître l’obligation légale du port du casque.
Le ministère public, de son côté, insiste sur le double manquement reproché au prévenu. D’une part, la violation des règles de sécurité routière, et d’autre part, un comportement jugé incompatible avec le respect dû aux agents en service. Le procureur rappelle que les citoyens ne peuvent ni entraver une opération de police ni filmer des agents sans autorisation préalable. Il requiert à ce titre une peine de deux mois de prison ferme assortie d’une amende de 500 000 FCFA.
Après en avoir délibéré, le tribunal retient la qualification d’outrage à agent public. Le motocycliste est condamné à deux mois de prison avec sursis, ainsi qu’à une amende ferme de 250 000 FCFA, une sanction qui souligne la fermeté des autorités face aux comportements jugés irrespectueux envers les forces de l’ordre.
