Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi 15 mai que les forces américaines et nigérianes avaient éliminé Abu-Bilal al-Minuki, considéré par les autorités américaines comme l’un des plus hauts responsables de l’organisation jihadiste à l’échelle mondiale.
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le numéro un américain a salué une mission « méticuleusement planifiée » et particulièrement complexe, menée conjointement par les armées des deux pays. Donald Trump a décrit al-Minuki comme « le terroriste le plus actif au monde », estimant que sa mort constitue un coup majeur porté aux capacités opérationnelles de l’État islamique, rapporte Reuters.
« Il pensait pouvoir se cacher en Afrique », a déclaré le président américain, affirmant que les services de renseignement américains disposaient d’informations précises sur ses activités. Donald Trump a également assuré que le jihadiste « ne terrorisera plus les populations africaines » et ne participera plus à la préparation d’attaques visant des intérêts américains, selon des propos relayés par RFI.
Abuja confirme une frappe dans le bassin du lac Tchad
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a confirmé qu’une opération avait été conduite contre un complexe situé dans la région du lac Tchad, zone historiquement touchée par les violences jihadistes.
Dans une déclaration publiée sur X et reprise par Reuters, le chef de l’État nigérian a indiqué que les premières évaluations confirment la mort d’Abu-Bilal al-Minuki ainsi que celle de plusieurs de ses lieutenants. Il a salué une coopération sécuritaire efficace entre Abuja et Washington dans la lutte contre le terrorisme.
Tinubu a notamment évoqué une opération conjointe « audacieuse » ayant porté « un coup dur » aux réseaux de l’État islamique actifs dans la région.
Un jihadiste nigérian sous sanctions américaines
Abu-Bilal al-Minuki, également connu sous les noms d’Abu-Mainok ou Abu Bakr al-Mainuki, était originaire de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, un territoire régulièrement frappé par les attaques jihadistes.
L’administration américaine l’avait inscrit sur sa liste des « terroristes mondiaux spécialement désignés » en 2023. Washington le présentait alors comme un haut responsable de la branche de l’État islamique opérant dans la zone du lac Tchad.
Selon un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies cité par RFI, il aurait gagné en influence après la mort d’Abu Khadidja en Irak en mars 2025. Certaines évaluations estiment même qu’il pouvait être devenu le chef de la direction générale des provinces de l’EI.
Une coopération militaire renforcée entre Washington et Abuja
Cette annonce intervient alors que les États-Unis intensifient leur soutien militaire au Nigeria face à la montée des groupes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda en Afrique de l’Ouest.
Reuters rappelle qu’en décembre dernier, l’armée américaine avait déjà mené des frappes contre des combattants jihadistes dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria. Depuis, Washington a accru son partage de renseignements, accéléré certaines ventes d’armes et déployé environ 200 soldats chargés de former et d’appuyer les forces nigérianes.
Des responsables militaires nigérians avaient toutefois précisé que les troupes américaines restaient engagées dans un rôle strictement non combattant.
Donald Trump relance le débat sur les violences religieuses
Le président américain continue par ailleurs d’accuser les autorités nigérianes de ne pas suffisamment protéger les populations chrétiennes face aux groupes armés islamistes. Donald Trump évoque régulièrement des « persécutions » et même un « génocide » visant les chrétiens du Nigeria.
Des accusations rejetées par Abuja ainsi que par de nombreux spécialistes des questions sécuritaires. Les autorités nigérianes affirment que les violences touchent aussi bien les communautés musulmanes que chrétiennes et que les forces de sécurité combattent l’ensemble des groupes armés sans distinction religieuse, souligne RFI.
L’Afrique devenue un foyer stratégique de l’EI
Depuis la perte de ses bastions en Irak et en Syrie en 2017, l’organisation État islamique a progressivement déplacé une partie importante de ses activités vers le continent africain.
Des groupes affiliés à l’EI restent particulièrement actifs au Nigeria, mais aussi au Niger, au Burkina Faso et au Mali, où ils mènent des insurrections meurtrières contre les autorités locales.
Selon RFI, le chef présumé actuel de l’organisation, le Somalien Abdul Qadir Mumin, serait installé dans les montagnes du Puntland, une région devenue stratégique pour les financements et les opérations du groupe jihadiste. Les États-Unis y ont également conduit plusieurs frappes au cours de l’année 2025.
