Sécurité

Bénin : ce qui change désormais dans la lutte contre la fraude douanière aux frontières avec les drones et les gyrocoptères

Marcus KOUDJENOUME•

Du 6 au 8 juillet 2026, les Douanes béninoises ont conduit, avec l'appui de l'Organisation mondiale des douanes (OMD) et du projet conjoint OMD-JICA, la première opération pilote de renseignement géospatial en Afrique. Grâce aux drones, aux gyrocoptères et à une coopération interforces, cette initiative marque un tournant dans la surveillance des frontières et la lutte contre la fraude transfrontalière.

Bénin : ce qui change désormais dans la lutte contre la fraude aux frontières avec les drones et les gyrocoptères
Bénin : ce qui change désormais dans la lutte contre la fraude aux frontières avec les drones et les gyrocoptères

Les Douanes béninoises viennent de franchir une étape majeure dans la modernisation de leurs méthodes de contrôle. Pendant trois jours, du 6 au 8 juillet 2026, elles ont mené l'opération « Géo-Contrôle », présentée comme la première opération pilote de renseignement géospatial en Afrique appliquée à la lutte contre la fraude douanière.

 

Mise en œuvre par l'Organisation mondiale des douanes (OMD), avec l'appui du projet conjoint OMD-JICA, cette opération a permis de démontrer comment les nouvelles technologies peuvent transformer la surveillance des frontières et renforcer l'efficacité des contrôles.

 

Une nouvelle façon de surveiller les frontières

 

Contrairement aux méthodes classiques, l'opération Géo-Contrôle repose sur l'exploitation du renseignement géospatial. Les informations recueillies sur le terrain sont croisées avec les données issues des précédentes saisies, de l'analyse des risques et de la cartographie des zones sensibles afin d'anticiper les mouvements frauduleux.

 

Selon le lieutenant-colonel Gildas Sehlin, maître formateur Géo-Contrôle, une zone d'intérêt a été définie entre le Bénin et le Nigeria à l'issue d'une analyse réalisée par les experts. Elle couvre 120 kilomètres, de Kraké à Pobè, sur 20 kilomètres de part et d'autre de la frontière.

« Il faut partir des données concrètes en termes de saisies, de position des administrations et des unités de contrôle, faire une analyse en amont pour pouvoir déployer de façon efficiente les équipes sur le terrain et rentabiliser les ressources dont on dispose. Ça rend le contrôle plus efficace », explique-t-il.

 

Les drones et les gyrocoptères au cœur du dispositif

 

L'une des principales innovations de cette opération réside dans l'utilisation coordonnée des drones et des gyrocoptères. À bord des appareils, des agents des Douanes accompagnent les pilotes afin d'identifier les mouvements suspects et de guider les équipes au sol en temps réel.

 

Le commandant Youri Alladaye, pilote de l'Armée de l'air, souligne l'importance de cette coordination aérienne. « On évolue avec un agent de la Douane à bord du gyrocoptère qui connaît bien le site et qui assure la communication avec le sol. Cela nous permet de les orienter sur des choses que nous voyons », indique-t-il.

 

Au regard des résultats obtenus, il estime que cette approche mérite d'être pérennisée : « Je crois que les résultats sont satisfaisants et qu'il faille réinitier ce genre d'opérations assez régulièrement. »

 

L'administration douanière précise par ailleurs que l'opération a été réalisée entièrement avec les équipements des Douanes béninoises, preuve du renforcement de ses capacités opérationnelles.

 

Aujourd'hui, plusieurs drones ainsi que quatre gyrocoptères sont disponibles pour les missions de surveillance, tandis que les opérations sont coordonnées depuis la salle de contrôle de la Préfecture maritime.

 

Une coopération interforces renforcée

 

Au-delà de la technologie, l'opération Géo-Contrôle repose sur une collaboration étroite entre les Douanes béninoises, la Préfecture maritime et l'Armée de l'air.

 

Cette synergie permet un partage permanent des renseignements et une meilleure coordination des interventions sur le terrain.

Pour le directeur général des Douanes, le colonel Raouf Malehossou, cette opération marque un changement profond dans les méthodes de contrôle. « C'est la première fois que je vois cette cohésion interforces avec des moyens aussi modernes dans le cadre de la lutte contre la fraude », affirme-t-il.

 

Dans un contexte où les échanges commerciaux deviennent de plus en plus complexes, il estime que les administrations douanières doivent évoluer. « Les administrations douanières se doivent de déployer des techniques modernes de contrôle pour lutter efficacement contre la fraude douanière », souligne le directeur général.

 

Le colonel Raouf Malehossou appelle également les différentes forces engagées à maintenir cette dynamique afin d'atteindre les objectifs fixés. Convaincu que cette nouvelle approche produira des effets durables, il conclut : « Si nous maintenons cette dynamique, en travaillant sans désemparer avec la culture de l'intégrité comme valeur cardinale, je crois que le meilleur est à notre portée. Plus rien ne sera comme avant. »

 

Des résultats déjà visibles

 

L'opération s'est soldée par de nombreuses saisies de marchandises frauduleuses, confirmant l'efficacité de cette nouvelle stratégie de contrôle.

Au-delà de ces résultats immédiats, Géo-Contrôle marque surtout une évolution profonde dans la manière dont les frontières sont surveillées au Bénin. L'utilisation du renseignement géospatial, des drones, des gyrocoptères et de l'analyse des données permet désormais aux Douanes d'anticiper davantage les réseaux de fraude plutôt que de simplement les constater. 

 

Cette modernisation traduit la volonté de l'administration douanière de bâtir une institution plus performante, capable de répondre aux nouveaux défis du commerce transfrontalier et de mieux protéger les intérêts économiques du Bénin.

SécuritéPublié le 21 juillet 2026 à 10h58, modifié le 12 octobre 2026 à 07h17Exclusivité

Bénin : ce qui change désormais dans la lutte contre la fraude douanière aux frontières avec les drones et les gyrocoptères

Du 6 au 8 juillet 2026, les Douanes béninoises ont conduit, avec l'appui de l'Organisation mondiale des douanes (OMD) et du projet conjoint OMD-JICA, la première opération pilote de renseignement géospatial en Afrique. Grâce aux drones, aux gyrocoptères et à une coopération interforces, cette initiative marque un tournant dans la surveillance des frontières et la lutte contre la fraude transfrontalière.

RédactionMarcus KOUDJENOUME
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Les Douanes béninoises viennent de franchir une étape majeure dans la modernisation de leurs méthodes de contrôle. Pendant trois jours, du 6 au 8 juillet 2026, elles ont mené l'opération « Géo-Contrôle », présentée comme la première opération pilote de renseignement géospatial en Afrique appliquée à la lutte contre la fraude douanière.

Mise en œuvre par l'Organisation mondiale des douanes (OMD), avec l'appui du projet conjoint OMD-JICA, cette opération a permis de démontrer comment les nouvelles technologies peuvent transformer la surveillance des frontières et renforcer l'efficacité des contrôles.

Une nouvelle façon de surveiller les frontières

Contrairement aux méthodes classiques, l'opération Géo-Contrôle repose sur l'exploitation du renseignement géospatial. Les informations recueillies sur le terrain sont croisées avec les données issues des précédentes saisies, de l'analyse des risques et de la cartographie des zones sensibles afin d'anticiper les mouvements frauduleux.

Selon le lieutenant-colonel Gildas Sehlin, maître formateur Géo-Contrôle, une zone d'intérêt a été définie entre le Bénin et le Nigeria à l'issue d'une analyse réalisée par les experts. Elle couvre 120 kilomètres, de Kraké à Pobè, sur 20 kilomètres de part et d'autre de la frontière.

« Il faut partir des données concrètes en termes de saisies, de position des administrations et des unités de contrôle, faire une analyse en amont pour pouvoir déployer de façon efficiente les équipes sur le terrain et rentabiliser les ressources dont on dispose. Ça rend le contrôle plus efficace », explique-t-il.

Les drones et les gyrocoptères au cœur du dispositif

L'une des principales innovations de cette opération réside dans l'utilisation coordonnée des drones et des gyrocoptères. À bord des appareils, des agents des Douanes accompagnent les pilotes afin d'identifier les mouvements suspects et de guider les équipes au sol en temps réel.

Le commandant Youri Alladaye, pilote de l'Armée de l'air, souligne l'importance de cette coordination aérienne. « On évolue avec un agent de la Douane à bord du gyrocoptère qui connaît bien le site et qui assure la communication avec le sol. Cela nous permet de les orienter sur des choses que nous voyons », indique-t-il.

Au regard des résultats obtenus, il estime que cette approche mérite d'être pérennisée : « Je crois que les résultats sont satisfaisants et qu'il faille réinitier ce genre d'opérations assez régulièrement. »

L'administration douanière précise par ailleurs que l'opération a été réalisée entièrement avec les équipements des Douanes béninoises, preuve du renforcement de ses capacités opérationnelles.

Aujourd'hui, plusieurs drones ainsi que quatre gyrocoptères sont disponibles pour les missions de surveillance, tandis que les opérations sont coordonnées depuis la salle de contrôle de la Préfecture maritime.

Une coopération interforces renforcée

Au-delà de la technologie, l'opération Géo-Contrôle repose sur une collaboration étroite entre les Douanes béninoises, la Préfecture maritime et l'Armée de l'air.

Cette synergie permet un partage permanent des renseignements et une meilleure coordination des interventions sur le terrain.

Pour le directeur général des Douanes, le colonel Raouf Malehossou, cette opération marque un changement profond dans les méthodes de contrôle. « C'est la première fois que je vois cette cohésion interforces avec des moyens aussi modernes dans le cadre de la lutte contre la fraude », affirme-t-il.

Dans un contexte où les échanges commerciaux deviennent de plus en plus complexes, il estime que les administrations douanières doivent évoluer. « Les administrations douanières se doivent de déployer des techniques modernes de contrôle pour lutter efficacement contre la fraude douanière », souligne le directeur général.

Le colonel Raouf Malehossou appelle également les différentes forces engagées à maintenir cette dynamique afin d'atteindre les objectifs fixés. Convaincu que cette nouvelle approche produira des effets durables, il conclut : « Si nous maintenons cette dynamique, en travaillant sans désemparer avec la culture de l'intégrité comme valeur cardinale, je crois que le meilleur est à notre portée. Plus rien ne sera comme avant. »

Des résultats déjà visibles

L'opération s'est soldée par de nombreuses saisies de marchandises frauduleuses, confirmant l'efficacité de cette nouvelle stratégie de contrôle.

Au-delà de ces résultats immédiats, Géo-Contrôle marque surtout une évolution profonde dans la manière dont les frontières sont surveillées au Bénin. L'utilisation du renseignement géospatial, des drones, des gyrocoptères et de l'analyse des données permet désormais aux Douanes d'anticiper davantage les réseaux de fraude plutôt que de simplement les constater. 

Cette modernisation traduit la volonté de l'administration douanière de bâtir une institution plus performante, capable de répondre aux nouveaux défis du commerce transfrontalier et de mieux protéger les intérêts économiques du Bénin.

Journaliste

Marcus KOUDJENOUME

Journaliste passionné par l'actualité politique et judiciaire au Bénin. Reporteur pour Libre Express.

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