Une nouvelle passe d'armes oppose le Nigeria aux membres de l'Alliance des États du Sahel (AES) que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger. À l'origine de cette brouille, les déclarations présidentielles faites à Abuja concernant les origines transfrontalières des violences terroristes et des enlèvements qui frappent le nord du territoire nigérian. L'incident diplomatique remonte à une réunion organisée le 30 juillet 2026 entre le président Bola Ahmed Tinubu et des dignitaires traditionnels nigérians.
Lors de ces échanges, le président de la République fédérale du Nigeria a affirmé qu'une part notable des actes terroristes et des kidnappings perpétrés dans le nord de son pays était le fait d'éléments armés venus des territoires sahéliens avoisinants. Cette prise de position publique a suscité une réaction vive et concertée de la part des autorités de Bamako, Niamey et Ouagadougou.
Réplique officielle de Ouagadougou et mise au point sur le terrorisme
La contestation a été faite le vendredi 7 août 2026 à travers une déclaration officielle du ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré. Selon les éléments rapportés par RFI, le diplomate a exprimé les vifs regrets des nations de l'AES face aux insinuations de la présidence nigériane. Le chef de la diplomatie burkinabè a insisté sur le caractère partagé de la menace sécuritaire dans la sous-région, déclarant que « le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigeria font face au même ennemi ».
Convocation du diplomate nigérian et rejet des accusations
Le même jour, la riposte politique s'est concrétisée sur le terrain diplomatique. Les émissaires des trois pays confédérés se sont rassemblés à Ouagadougou pour convoquer le chargé d'affaires de l'ambassade du Nigeria. Au cours de cette audience, les représentants de l'AES ont officiellement signifié au diplomate nigérian le caractère inexact des déclarations du président Tinubu.
La confédération estime que cette posture minimise l'engagement et les actions de combat menés par les forces armées sahéliennes sur le terrain. Réaffirmant la solidarité régionale et dégageant la responsabilité des pays membres de l'AES face aux difficultés sécuritaires du voisin nigérian, Karamoko Jean-Marie Traoré a conclu que « les véritables ennemis sont ailleurs ».
