Au camp militaire de Parakou, les soldats ne s’attendaient visiblement pas à voir leur commandant en chef franchir les portes de leur base. Mardi 25 août 2026, Romuald Wadagni y a effectué une visite surprise qui a profondément marqué les militaires engagés dans l’opération Mirador.
Le déplacement s’est déroulé sans annonce préalable. Selon les informations rapportées par La Nation, le président de la République est arrivé au camp en fin d’après-midi, dans une démarche qui tranche avec les visites officielles habituellement préparées et encadrées par un important dispositif protocolaire.
L’annonce de sa présence a rapidement provoqué un rassemblement des militaires. Officiers et hommes du rang se sont mobilisés pour accueillir le Chef suprême des Armées. Pour plusieurs soldats, cette arrivée inattendue a constitué un moment particulièrement fort. La Nation rapporte notamment le témoignage d’un officier supérieur chargé de la coordination opérationnelle, qui dit avoir été surpris par cette démarche présidentielle : « Nous ne nous attendions vraiment pas à le voir arriver ainsi, en personne, jusqu’ici. »
Des échanges directs sur les réalités du terrain
Une fois au camp, Romuald Wadagni ne s’est pas limité à une rencontre protocolaire avec la hiérarchie militaire. Le chef de l’État a échangé directement avec les militaires déployés dans le cadre de l’opération Mirador.
Les discussions ont notamment porté sur leurs conditions de vie et de travail, les équipements mis à leur disposition ainsi que les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l’accomplissement de leurs missions.
La hiérarchie militaire a également présenté au président de la République la situation du dispositif déployé dans le nord du pays. Les résultats obtenus dans le cadre de l’opération Mirador et les besoins identifiés pour améliorer davantage les capacités des unités engagées ont été au cœur des échanges.
À travers cette rencontre, Romuald Wadagni a ainsi pu recueillir directement les préoccupations des hommes mobilisés sur le terrain, dans une zone où les forces de défense et de sécurité restent particulièrement sollicitées.
Une présence présidentielle qui a touché les soldats
Pour les militaires rencontrés à Parakou, la portée de cette visite ne se limite pas aux échanges sur les questions opérationnelles. La présence physique du chef de l’État au sein de leur base a également été perçue comme une marque de considération pour leur engagement.
Ces soldats accomplissent leurs missions loin des grands centres de décision et souvent à distance de leurs familles. Leur engagement dans la lutte contre les groupes armés implique des contraintes particulières et une vigilance permanente.
Dans ce contexte, la démarche du président de la République a été accueillie comme un signal de soutien aux hommes engagés dans la sécurisation du territoire.
Le déplacement de Parakou intervient alors que le Bénin poursuit le renforcement de son dispositif sécuritaire dans les régions septentrionales, particulièrement exposées à la menace terroriste en raison de leur proximité avec les zones d’instabilité de la sous-région.
Mirador, un dispositif majeur de sécurisation du nord
L’opération Mirador constitue l’un des principaux dispositifs militaires mis en place par le Bénin pour répondre à cette menace. Lancée en janvier 2022, elle vise notamment à renforcer la surveillance des frontières septentrionales et à empêcher les infiltrations de groupes armés.
Près de 3 000 soldats avaient été mobilisés lors du lancement de l’opération, selon une analyse de l’Africa Center for Strategic Studies. Le dispositif a depuis évolué avec le renforcement des moyens humains, matériels et logistiques des forces engagées.
En décembre 2025, les États-Unis ont notamment remis au Bénin des équipements militaires évalués à plus d’un milliard de francs CFA. Ce soutien devait contribuer au renforcement des capacités des unités déployées dans le cadre de Mirador.
Une opération qui ne se limite pas au volet sécuritaire
Au fil de son déploiement, Mirador s’est également accompagné d’actions civilo-militaires destinées à renforcer les liens entre les forces armées et les populations des zones concernées.
En 2026, des infrastructures hydrauliques et scolaires ont notamment été réalisées dans les communes de Kouandé, Kérou et Pehunco. Des actions sanitaires ont également été organisées dans certaines localités.
À Kountori, dans la commune de Cobly, des consultations médicales gratuites ont ainsi été proposées aux populations en mars 2026.
Cette dimension civilo-militaire complète les missions de sécurisation et participe à la présence de l’État dans des territoires confrontés aux conséquences de l’insécurité.

