Des habitants d’une ville de Yobé contraints de rester chez eux depuis plusieurs jours, suite à une attaque jihadiste. Le groupe terroriste en action est ciblé. Il s’agit des jihadistes de la Province de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP). Ils ont attaqué dans la nuit de mardi à mercredi une base militaire à Geidam, une ville d'environ 89.000 habitants, provoquant une fusillade qui a duré jusqu'à l'aube, selon des habitants. « Nous sommes contraints de rester chez nous depuis mercredi par les soldats, qui ont averti tout le monde de ne pas mettre le nez dehors », rapporte la même source, qui a cité un habitant de la ville attaquée.
Des officiers militaires ont expliqué que le couvre-feu était nécessaire, car les jihadistes ont assiégé la ville et pourraient lancer de nouvelles attaques. « Les terroristes ont été repoussés, mais ils sont revenus et encerclent la ville de Geidam depuis mercredi : impossible d'y entrer ou d'en sortir », a affirmé un militaire.
« Les terroristes sont cachés à l'extérieur de la ville et les soldats ne peuvent patrouiller qu'à l'intérieur de la ville. La situation est donc vraiment critique », a ajouté un autre officier.
N’étant autorisés à s’exprimer sur la situation, les deux militaires ont demandé à rester anonymes.
Vendredi, l'administrateur politique adjoint du district de Geidam, Kaka Bukar Zanna, a déclaré avoir été agressé et blessé à la tête par des soldats alors qu'il s'était aventuré hors de chez lui « pour évaluer la situation ».
Les habitants de la ville attaquée sont dans la détresse, le couvre-feu perdure, et la plupart manquent de quoi manger a raconté Usman Kabir, un habitant.
« La plupart des gens vivent de ce qu'ils gagnent au jour le jour, et le fait de rester chez eux sans nourriture ni autres produits de première nécessité les a placés dans une situation désespérée », a-t-il expliqué.
La ville attaquée, Geidam, est située à 180 km de Damaturu, la capitale de l'État. Il a déjà fait l’objet de plusieurs attaques par l'ISWAP ainsi que par son rival, Boko Haram.
En 2021, l'ISWAP s'est emparé de la ville pendant plusieurs jours, tuant des dizaines de personnes. Des habitants ont été pillé et leurs habitations incendiées.
