Armand Gansè éclaire les défis de la gouvernance locale ivoirienne. L’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan a remis son diplôme de Master recherche en Droit public au député béninois Armand Gansè, avec une mention Très bien. Son travail qui porte sur « La Décentralisation et la lutte contre la corruption en droit ivoirien » a été soutenu devant un jury composé de spécialistes du droit public et présidé par la Pr. BADJO Djékouri Jeannie Élisabeth, ancienne ministre de la fonction publique. 

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Le mémoire débute par un état des lieux de l’organisation administrative ivoirienne. La Côte d’Ivoire a adopté la déconcentration et la décentralisation pour renforcer la démocratie. Les jeunes États africains visent ainsi trois objectifs, « approfondir le processus démocratique, responsabiliser les populations dans la gestion de leur développement et promouvoir des services de proximité sur la base d’une nouvelle gouvernance locale ».

Corruption et décentralisation : un frein à la gouvernance locale

Le cœur de sa recherche porte sur l’impact de la corruption sur la décentralisation. Pour Armand Gansè, « la décentralisation en Côte d'Ivoire représente un levier stratégique pour renforcer la gouvernance locale, améliorer la gestion des ressources publiques et rapprocher l'administration des citoyens. Il note que « la corruption, véritable gangrène des systèmes de gouvernance, freine dangereusement le processus de décentralisation en Côte d’Ivoire. » Selon son travail de recherche, le détournement des ressources locales entrave le développement des territoires et mine la confiance des citoyens envers les institutions. Il crée un climat d’impunité et de clientélisme. Le mémoire a donc analysé ces mécanismes et leurs conséquences sur l’éthique publique.

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Dans son travail, le député béninois retrace l’évolution législative depuis les années 2000. La Côte d’Ivoire a transféré plusieurs compétences de l’État central aux collectivités territoriales. Ces réformes visent à « promouvoir une gestion plus transparente et participative des affaires publiques », affirme-t-il. Toutefois, Armand Gansè souligne que sans contrôles renforcés, la proximité entre élus et administrés peut favoriser la captation des ressources, notamment dans les marchés publics et la gestion des infrastructures. Il analyse les textes et leur application concrète au niveau local.

Des mécanismes de lutte mis en place pour renforcer l'intégrité

Pour contrer la corruption, la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG) supervise « la déclaration des patrimoines des responsables publics, en sensibilisant les acteurs locaux à l'éthique et en sanctionnant les manquements ». En 2024, la HABG a formé 100 jeunes dans le cadre du programme « Emploi jeunes », pour les sensibiliser aux principes d’intégrité et de transparence. Par ailleurs, « la plateforme « Spacia » permet aux citoyens de dénoncer anonymement les actes de corruption », améliorant ainsi la surveillance citoyenne de l’action publique, lit-on dans le travail.
 

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles persistent selon l'impétrant. « La lenteur de la décentralisation, le manque de formation des élus locaux, la faiblesse des mécanismes de contrôle et la persistance de pratiques clientélistes entravent l'efficacité de la lutte contre la corruption », pense-t-il. La pertinence scientifique du mémoire se manifeste à la fois sur le plan juridique et social. Sur le plan légal, il démontre que la lutte contre la corruption renforce l’État de droit et protège les ressources publiques. Sur le plan social, la décentralisation, selon lui, améliore l’accès aux services publics et favorise une répartition plus équitable des ressources.

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Le mémoire se décline en deux parties. La première montre que « nous assistons donc à une décentralisation formellement favorable à la lutte contre la corruption. » Quant à la seconde partie, elle met en évidence les insuffisances pratiques, où la corruption se déplace du centre vers la périphérie. Armand Gansè conclut qu’un renforcement des capacités des structures locales et d’une culture de reddition de comptes est indispensable pour limiter la corruption au plus près des citoyens et pour que la décentralisation tienne toutes ses promesses.