C’est un public majoritairement composé de jeunes qui a vécu de forts moments d’émotions à l’occasion de la présentation de plusieurs œuvres collectives portant la signature de Charly d’Almeida, Melinda Fourn-Houngbo et les enfants ayant participé aux ateliers. Dans le cadre de cette exposition, Charly d’Almeida a travaillé exclusivement sur la peinture, avec un matériau singulier, l’arête de poissons.
L'artiste Charly d'Almeida lors de l'exposition
Considérées comme des restes, les arêtes qui sont destinées à priori aux rejets, sont ici utilisées à des fins créatrices. Le poisson pour l'artiste symbolise, entre autres, la résilience qui caractérise son parcours dans le domaine de l’art contemporain. Aussi, explore-t-il, à travers ces arêtes, les thèmes de la mémoire et de l’espérance, qui somme toute, deviennent métaphores de vie et renaissance. Au cours de cette exposition, Charly d’Almeida présente plusieurs tableaux dont « Mémoire de l’eau », « Odyssée », « les restes » ou encore Agbélé qui signifie espoir en Mina.
Un retour aux sources
Dans « Mémoires de l’eau », Charly retourne à ses origines Xwéda liée à la pêche et aux lacs. Les arêtes de poissons deviennent ici des signes de mémoire, comme des archives fragiles portées par les vagues du temps. Les teintes mouvantes, partant de l’ombre pour s’ouvrir à la lumière, évoquent les strates de souvenirs enfouis, tantôt douloureux, tantôt apaisés. Ces toiles rappellent que l’eau conserve, mais aussi qu’elle transforme, emportant avec elle les traces du passé vers de nouvelles renaissances.
Avec « Odysée », les arêtes dressées comme des fragments d'itinéraire racontent la traversée des épreuves : l’enfance marquée par la rupture, les errances, puis la reconquête de soi. Les œuvres célèbrent le mouvement, la route et la résilience, rappelant que tout cheminement est fait de détours, mais tend toujours vers la lumière. Par la puissance des couleurs et des contrastes, Charly d’Almeida montre que même ce qui semble brisé ou perdu garde une force d’existence et peut se réinventer en lumière.
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Inspiré par le musée de la Récade et ses nostalgies, la franco-béninoise Mélinda Fourn-Houngbo se sert quant à elle de la spatule, de la graine de palmiste, du bambou, du sachet, de papier journal et autres objets, comme matériaux pour la matérialisation d’installations poétiques. Les textes, présents dans cette monstration, spécifiques dans les créations de Mélinda, sont des traces de souvenirs de sa défunte grand-mère et de ses ressentis à l’endroit de son pays d’origine qu’est le Bénin. Et même les restes, pour elle, est comme un exercice de transformation et de recyclage des objets utilitaires et désuets, qui retrouvent une seconde vie, pour contrer un récit ou la mémoire personnelle est partagée à un large public. "Réveille ma mémoire", "Au milieu des rangés de perles", "Et même des restes, il peut en sortir quelque chose de bon" sont entre autres tableaux présentés par l’artiste.
La spatule, ancrée dans la tradition Béninoise pour son usage par exemple dans la préparation de la pâte de maïs, un des plats les plus consommés au Bénin, devient ici un matériau de création artistique. Par son alliage avec le fer, Melinda crée un dialogue entre tradition et matérialité contemporaine, soulignant la force et la valeur des gestes culinaires hérités. Chaque spatule, à la fois fragile et robuste, témoigne de la transmission culturelle et de l'importance accordée aux objets utilitaires, porteurs de mémoire.
