« Ça me fait un boom au cœur parce que c’est la première fois que je constate un tel enregistrement. À partir de cet instant, je peux dire — en attendant de recevoir le papier qui l’atteste — que notre parcelle sera sécurisée ». Témoigne de Guy Justin Aïvodji, l’un des premiers citoyens à fournir les informations relatives à un domaine familial situé dans le 1er arrondissement de Porto-Novo. Ce lundi 23 septembre 2025 marque en effet le démarrage officiel des opérations de collecte cadastrale dans cette zone, dans le cadre du vaste programme de cadastre national.
Sur le terrain, les agents recenseurs étaient à pied d’œuvre, appuyés par les autorités locales. Latifu Moubaracou, Chef du 1er arrondissement, a supervisé le lancement aux côtés des chefs quartiers. Il a appelé les équipes à faire preuve de professionnalisme et d’écoute : « Je vous demande d’être patients, courtois et de rester disponibles face aux citoyens. Ils sont informés grâce aux sensibilisations menées en amont. Si vous faites bien votre travail comme dans les autres arrondissements, tout se passera bien ». Cette phase s’inscrit dans la poursuite de l’extension de l’enregistrement foncier, un processus crucial pour sécuriser les terres, limiter les litiges et asseoir la politique de développement durable prônée par l’État béninois.
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Selon le Chef du 1er arrondissement, Latifu Moubaracou, la majorité des habitations de la zone sont des propriétés collectives, souvent dépourvues de documents officiels. « Je sais qu’il y aura beaucoup de témoignages à recueillir dans le 1er arrondissement. La plupart des parcelles sont encore sans papiers. Un travail de sensibilisation a déjà été effectué en amont auprès des chefs de collectivités. Ils devront être présents pour témoigner et ainsi faciliter le travail des agents sur le terrain », a-t-il précisé.
À la suite de ses propos rassurants, le Chef du 1er arrondissement, Latifu Moubaracou, a accompagné les agents recenseurs sur le terrain pour s’assurer du bon démarrage des opérations. Ensemble, ils ont sillonné les premières habitations, accueillis avec enthousiasme par des propriétaires terriens déjà sensibilisés aux bénéfices du projet. Parmi eux, Guy Justin Aïvodji, retraité et chef de collectivité, n’a pas caché sa satisfaction.
« Vous vous imaginez ! Notre collectivité regroupe près de treize familles. Cette parcelle ne peut porter qu’un seul nom : celui de la collectivité. Nous n’avons aucun papier, et c’est enfin l’occasion de régulariser la situation. En plus, tout se fait sans frais, ce qui est une grande avancée », a-t-il confié, tout en remerciant le président Patrice Talon pour cette réforme. « Je ne peux que souhaiter bon vent au projet. Que personne ne freine cette dynamique. Il faut s’y engager pleinement », a-t-il ajouté. Pour rappel, les autres arrondissements de Porto-Novo ont déjà achevé la phase d’enregistrement des parcelles, et le processus se poursuit dans un climat d’adhésion progressive des populations.
Le 1er et le 3ᵉ arrondissement de Parakou désormais pris en compte
Comme à Porto-Novo, l’opération d’enregistrement des parcelles est bel et bien lancée dans les 1er et 3ᵉ arrondissements de Parakou depuis le jeudi 25 septembre 2025. Présent à la cérémonie officielle de démarrage, le Chef du 1er arrondissement, Idrissou Boukary, a sensibilisé les populations sur l’importance de cette réforme foncière. « De la même manière que le RAVIP permet aux citoyens d’obtenir des actes de naissance sécurisés, l’enregistrement au cadastre garantit des certificats fonciers sécurisés pour vos parcelles », a-t-il expliqué, soulignant la portée juridique du processus. Il a également insisté sur la gratuité actuelle de l’opération, appelant les citoyens à ne pas rater cette opportunité. « L’enregistrement ne sera pas gratuit indéfiniment », a-t-il averti, exhortant chacun à se faire enrôler pendant qu’il est encore temps.
Dans le 3ᵉ arrondissement de Parakou, les opérations de collecte de données cadastrales ont également repris, marquant une nouvelle étape dans la mise en œuvre du cadastre national. Présent sur le terrain, Clément Dossou-Yovo, juriste et expert en foncier, a rappelé que cette zone avait déjà connu une première vague d’enregistrements. « De nombreux quartiers du 3ᵉ arrondissement ont été concernés lors de la première phase du projet à Parakou. Si nous y revenons aujourd’hui, c’est parce que le gouvernement a décidé de couvrir intégralement toute la ville », a-t-il précisé. Dans le même élan, le Chef d’Arrondissement, Ibrahim Chabi Mama, a lancé un appel à l’endroit des propriétaires fonciers, les encourageant à profiter de cette opération pour faire enregistrer leurs parcelles et sécuriser leurs droits.
À Parakou comme à Porto-Novo, les experts géomètres poursuivent le travail de terrain visant à aboutir à la délivrance du Certificat d’enregistrement au Cadastre (CEC). Intervenant à Porto-Novo, Adelor Brice Cakpo, expert géomètre, a détaillé les différentes étapes du processus en cours. Selon lui, cette phase consiste à identifier les limites des parcelles appartenant aux présumés propriétaires, à recueillir les informations générales sur ces derniers ainsi que toute documentation disponible en lien avec les biens fonciers.
« Après la collecte, vient le traitement des données, suivi d’une phase de soumission. Celle-ci permet de produire des plans, premiers résultats visibles du travail de terrain », a-t-il expliqué. Ces plans et répertoires feront ensuite l’objet d’une publicité officielle. Les propriétaires identifiés pourront alors consulter les documents, formuler des observations ou soumettre des oppositions. « Les amendements éventuels seront intégrés dans les versions finales des plans, qui serviront de base fiable et actualisée aux arrondissements et aux communes pour une gestion cohérente du foncier », a conclu Adelor Brice Cakpo.
