Les violences contre les femmes prennent désormais une nouvelle forme et se développent massivement en ligne. Un constat alarmant selon l'institut national de la Femme qui conduit au Bénin la campagne des 16 jours d’activisme, organisée chaque année du 24 novembre au 10 décembre. L’édition 2025 met en avant le thème « Tous unis pour mettre fin à la violence numérique contre les femmes et les filles ». Pour l’INF, la priorité est d’attirer l’attention sur les violences facilitées par la technologie.
Flore Djinou, secrétaire exécutive de l'institut explique dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux que les agressions, autrefois concentrées dans les espaces physiques, se déroulent aujourd’hui en ligne. Elle cite le harcèlement sexuel, la sextorsion, le doxing, les menaces, l’usurpation d’identité et le partage non consenti d’images intimes. L’INF insiste sur l’urgence de sensibiliser, de former et de protéger les populations pour limiter l’exposition aux risques numériques.
Programme de l'INF pour les 16 jours d'activisme contre les VBG
L’édition 2025 repose sur un programme mêlant mobilisation sociale, outils numériques et actions de proximité. Dès le lancement, vingt drapeaux oranges seront installés au siège de l’INF. Une campagne digitale est prévue sur Facebook, Instagram et TikTok pour atteindre les jeunes et les familles. L’Institut prévoit également des émissions interactives en langues nationales sur douze radios communautaires. Les équipes départementales, psychologues et points focaux seront déployés pour s’adresser directement aux communautés. L’Institut mise aussi sur des actions visibles dans les localités. Un affichage mobile sera réalisé avec des zémidjans et des tricycles afin de toucher les zones périurbaines et rurales.
Enfin, une séance de self-défense est programmée pour renforcer l’autonomie physique des participantes. L’objectif général est de « réduire l’exposition des femmes et des filles aux violences numériques et de construire un espace numérique plus sûr », selon Flore Djinou. Elle invite les femmes à signaler toute situation, affirmant qu'« on ne doit en aucun cas normaliser la violence numérique ».
