Active depuis environ six mois au Bénin, la plateforme CEA, qui proposait à ses membres de regarder des vidéos contre rémunération, a brusquement cessé ses activités. Aucune communication officielle n’a pour l’instant été faite pour expliquer la situation. Mais pour de nombreux utilisateurs, cette interruption soudaine ressemble à une vaste arnaque numérique.

Les abonnés, pour la plupart jeunes, affirment avoir investi entre 10 000 F CFA et plusieurs centaines de milliers de francs. Certains dénoncent une « spoliation », craignant de ne jamais récupérer leur mise. « Je venais de souscrire avec 10 000 F CFA, mais cela n’a encore rien généré… et voilà que le circuit est bloqué », déplore un internaute de 18 ans. D'autres, comme Joël, estiment s’en être bien sortis : « Avec une mise de 100 000 F CFA, j’ai déjà gagné plus de 300 000 F CFA en quelques mois », confie-t-il, soulagé.

Une promesse de richesse rapide avec un discours bien ficelé

Pour attirer un grand nombre d’utilisateurs, la plateforme CEA a adopté un discours séduisant, misant sur la promesse de gains faciles et rapides. Dans ses messages d’accueil aux nouveaux membres, la plateforme se présentait comme « la première plateforme de publicité numérique au monde », promettant de créer « davantage d’opportunités d’emploi à bas seuil pour les chômeurs du monde entier ». Elle affirmait vouloir soutenir les créateurs de contenu et stimuler les entreprises grâce à « des campagnes marketing uniques et authentiques ». Mieux, la plateforme lançait un appel direct à l’ambition et à la précipitation : « Si vous êtes capable, passionné et désireux de devenir riche rapidement, n'hésitez pas à nous rejoindre pour créer ensemble un avenir brillant ! Plus tôt vous rejoignez, meilleures sont vos chances d’avancement », pouvait-on lire dans ses communications.

Silence radio et rumeurs de fraude : entre inquiétude et incertitude totale

Malgré l’inquiétude, certains pensent qu’il serait question d’un simple incident technique. Mais les signes sont peu rassurants. De nombreux groupes WhatsApp liés à la CEA sont désormais silencieux. Plusieurs administrateurs ont disparu des radars, tout comme les influenceurs qui faisaient la promotion active de la plateforme. Les rumeurs d’un « braquage digital » se multiplient. Pour l’heure, les utilisateurs restent dans l’attente de clarifications. Arnaque en ligne ou panne passagère ? Le doute persiste, et la confiance s'effrite.