Un mouvement de réclamation d’arriérés de bourses, 12 mois pour certains étudiants, tourne à la violence avec les forces de l’ordre. Selon une information diffusée par RFI, des véhicules blindés des forces de l’ordre ont fait irruption à l’intérieur du campus sur autorisation du recteur.
Des responsables d’associations d’étudiants ont affirmé que des tirs de gaz lacrymogènes ont visé directement un dortoir étudiant qui se situe au cœur du campus. C’est alors que des étudiants ont répliqué par des jets de pierres. Des responsables d’étudiants ont également affirmé que des arrestations ont été opérées dans le rang des jeunes ; au regard l’intensité de la violence, on dénombre 10 policiers blessés.
Les étudiants ont déserté le campus, face à la tension qui montait. Plusieurs médias ont rapporté que 11 policiers dont deux officiers ont été blessés et 10 étudiants arrêtés. L’annonce faite cette semaine par les autorités sénégalaises de verser des bourses des deux derniers mois n’a pas fléchi les étudiants contestataires. Les mêmes sources affirment que plus de 300 policiers et une dizaine de chars ont investi le campus. Des étudiants ont déploré l’intensité de la violence avec laquelle les forces de l’ordre ont délogé des jeunes, transformant selon leurs propos, le campus en une zone de guerre.
Dans cet affrontement, les étudiants ont fait usage de jets de pierres, dressé des barricades et incendié tout ce qui se trouvait sur leur passage ; la police a riposté par des tirs de grenades, gaz lacrymogènes. Presque tous les blessés, étudiants comme policiers ont été évacués à l’Hôpital Principal de Dakar. Dans la foulée, 10 étudiants ont été arrêtés.
Cette incursion militaire en milieu estudiantine n’est pas une première à Dakar. En 2014, une incursion autorisée des forces de l’ordre au sein du campus avait entraîné la mort d’un étudiant.
