Une rupture avec la direction actuelle du Louvre, après le vol spectaculaire du 19 octobre, à l’origine des dissensions. Les salariés protestent contre leurs conditions de travail et multiplient des revendications depuis ce lundi matin à Paris.

Des malentendus notoires sont à la base du dysfonctionnement du musée parisien le plus visité au monde. Ce qui a conduit les 2 200 salariés dans une grève reconductible, dénonçant notamment la dégradation de l'accueil du public dans ce musée. De son côté, la direction de l’établissement a indiqué qu’elle envisageait la réouverture du musée, mais opérait d’abord le recensement des agents non-grévistes.

Pendant tout ce temps de discorde, le musée continue d’accueillir un flux de visiteurs incessant, face aux agents qui multiplient les revendications. Dans cette crise, Christian Galani de la CGT, pointe du doigt le manque de personnel : « En l'espace de 15 ans, nous avons perdu 200 emplois en équivalent temps plein. Et dans ce même laps de temps, la fréquentation a augmenté de moitié », a expliqué ce responsable syndical.

Une rencontre tripartite pour désamorcer la crise

Depuis plusieurs heures, des pourparlers sont en cours entre les syndicats, la direction du musée et le ministère de la Culture, pour trouver une solution et relancer les activités dans le Louvre. Pour y arriver, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a confié à l’actuelle directeur de l’établissement public, Philippe Jost, chargé de la restauration de Notre-Dame, la mission de réorganisation en profondeur du Louvre.

« Ça nous donne l'impression que finalement la présidente de l'établissement est mise sous curatelle. Soit on considère que la présidente a failli et auquel cas, il faut accepter la démission qu'elle nous dit avoir présenté ou alors au contraire, on estime qu'elle est susceptible de redresser la barre et dans ce cas-là, il n'y a pas lieu de nommer M. Jost pour venir réorganiser l'établissement. » poursuit le représentant syndical.

Aux assises de pourparlers et face aux responsables syndicaux, rapporte Rfi, la ministre Rachida Dati est revenue sur la baisse de 5,7 millions d’euros de dotation publique, prévue dans le projet de loi de finances 2026. Cependant, La CGT déplore qu’ « aucune avancée significative » ne caractérise les discussions, tandis que la CFDT estime que les discussions se sont déroulées de « façon intelligente et apaisée ».

Une enquête se poursuit demain mardi pour constater les réels dysfonctionnements du Louvre. La Commission culture du Sénat va poursuivre courant semaine ses investigations sur les dysfonctionnements du musée. Les sénateurs envisagent d’entendre ce mardi l’ancien président Jean-Luc Martinez, destinataire de deux audits alarmants ignorés, puis mercredi Laurence des Cars, pour comprendre comment ces audits n’ont été découverts qu’après le cambriolage du 19 octobre 2025.