« J’ai perdu mon soutien, ma princesse… » Le Général Bertin Bada a pris la parole avec dignité et douleur. Quarante années de vie commune balayées par un acte de violence qui aurait pu ébranler l’État béninois. Pourtant, debout face à cette tragédie, il a confié : « Ce sacrifice n’a pas été vain. Je souffre parfois en silence, mais je garde la force de continuer ».

C’est à l’occasion d’une visite de compassion de la Cour constitutionnelle que ces mots ont été prononcés. Le Président de la Cour, Dorothé Sossa, s’est exprimé au nom des Sept Sages, pour apporter réconfort et solidarité au militaire endeuillé. « Mme Berthe Bada s’était éteinte dans l’intérêt de la République », a-t-il déclaré avec gravité, rappelant le contexte dramatique dans lequel l’épouse du général a perdu la vie. 

« Toute la Cour est arrivée pour vous soutenir. Nous sommes solidaires et nous vous accompagnons avec toutes nos prières », a ajouté le Président Sossa, saluant la mémoire d’une femme discrète, engagée, dont le soutien au service de la Nation fut constant à travers son époux. Dans sa réponse, le Général Bada a exprimé sa reconnaissance : « C’est un grand honneur de recevoir toute la Cour. Votre présence me console et me réconforte ».

Surnommée affectueusement « Madame Cinq Étoiles » par son époux, Berthe Bada laisse derrière elle un vide immense. Mais à travers l’hommage des institutions, elle rejoint désormais les mémoires nationales, comme une victime silencieuse mais précieuse d’une République qu’elle a contribué à protéger.

Avant de quitter le domicile du Général, le Président Sossa a signé le livre de condoléances. « C’est une profonde consternation mêlée de tristesse qui m’habite. […] Que le souvenir de sa bonté, de son courage silencieux et de son sens du devoir demeure, pour tous, une source de réconfort et d’espérance ».