La démolition de Makoko les 4 et 5 janvier 2026 est dénoncée et comparée à une « violente purge de classe » opérée par l'Étatnigérian. Obiageli Ezekwesili, condamnant la démolition de maisons à Makoko, qualifie l'exercice d'inconstitutionnel et d'injuste. Il affirmait que ces démolitions constituaient une « oppression des pauvres cautionnée par l’État » et une atteinte aux droits des citoyens nigérians, rapporte le média nigérian The Guardian. 

Défendant le droit de citoyenneté des sinistrés de Makoko, ce responsable politique a expliqué que la « pauvreté n'invalidait pas la ccitoyenneté ».

Une opération de démolition « illégale »

Obiageli Ezekwesili a critiqué le gouvernement de l'État de Lagos pour avoir enfreint les accords passés avec les responsables communautaires. Il a souligné que les travaux de démolition initialement prévus pour se limiter aux structures situées à 30-50 mètres des lignes électriques à haute tension n’ont pas été respectés.

« Bien que la distance acceptable stipulée par la loi se situe entre 30 et 50 mètres, les démolitions se sont poursuivies bien au-delà de ces limites, dépassant même la distance convenue et s'étendant profondément dans le cœur résidentiel de Makoko », a-t-il dénoncé. Dans son mémorandum, il écrit que « des observateurs des droits humains ont signalé des démolitions s'étendant entre 277 et 522 mètres des lignes électriques », qualifiant l'opération de « violation flagrante de la confiance et de la légalité ».

Une démolition au péril des vies

L’homme politique considère la démolition de Makoko comme une « spoliation foncière » et déplore des morts d’hommes.  Au moins quatre personnes auraient été tuées lors des démolitions. « Les habitants de Makoko ne sont pas des squatteurs sur le sol nigérian. Ce sont des citoyens du Nigeria. Ils sont la proie de votre propre classe politique pour voter pour vos partis lors des élections. Ils travaillent. Ils élèvent des familles. Leurs enfants, dont la scolarité est désormais interrompue, comptent parmi les Nigérians les plus brillants que j’aie rencontrés », a écrit Obiageli Ezekwesili dans son mémorandum.

Le mémorandum avertit des conséquences de ces démolitions qui engendreront une crise humanitaire, faisant des milliers de familles sans abri, des enfants déscolarisés avec des moins de subsistance anéantis du jour au lendemain.

Une forte communauté des Béninois, composée essentiellement des pécheurs est sous le choc à Mokoko. ils en appellent à l'aide des pouvoirs publics du Bénin, leur pays d'origine « Plus de 3 000 habitations ont été rasées par les bulldozers. L'opération a entraîné le déplacement forcé de plus de 10 000 personnes sur une population totale estimée à 150 000 habitants », selon les chiffres d'une organisation de la société civile.

Les mesures d’accompagnement du mémorandum Ezekwesili 

Ezekwesili exige l'arrêt immédiat des démolitions, la divulgation des normes juridiques régissant les distances minimales d'implantation des lignes électriques, la mise en place d'un hébergement d'urgence et de soins de santé pour les familles déplacées, des indemnisations et un processus transparent pour élaborer solutions durables en concertation avec la communauté. Le mémorandum demande également que les responsables de l'usage de la force contre les civils soient punis.

Pour Ezekwesili, ces démolitions violent les garanties constitutionnelles de dignité, d'équité procédurale et de justice sociale. Il exhorte les autorités fédérales et étatiques à privilégier des pratiques de développement urbain inclusif plutôt que les expulsions forcées. « Pour faire de Lagos une mégapole respectée, il est essentiel de construire stratégiquement sa ville comme une ville inclusive. Les villes inclusives investissent dans l'amélioration des infrastructures existantes, la sécurité d'occupation, l'assainissement, les écoles et les moyens de subsistance », souligne le politique dans son mémorandum.