Plan International, dans un nouveau rapport, alerte sur une crise humanitaire majeure qui compromet gravement l’avenir des enfants en Haïti. Plus de 1 600 établissements scolaires ont été contraints de fermer à travers le pays. Une situation préoccupante qui a conduit le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, à déclarer le mercredi 21 janvier que « la violence des gangs affecte les communautés en Haïti, avec des conséquences particulièrement dévastatrices pour les femmes, les enfants et les jeunes ».
Dans ce contexte de profonde instabilité, le système éducatif haïtien est fragilisé par de nombreuses défaillances structurelles, aggravées par la prolifération des groupes armés. Manque d’électricité, absence de cantines scolaires et classes surchargées figurent parmi les difficultés recensées. La violence des gangs a contraint plus de 1 600 établissements à fermer à l’échelle nationale, plongeant de nombreuses familles dans une précarité accrue. À Port-au-Prince, la capitale, au moins 25 écoles ont été occupées par des gangs, privant ainsi des milliers d’élèves de toute possibilité d’apprentissage.
Selon Plan International, Haïti traverse une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent, marquée par une insécurité croissante qui a entraîné la fermeture de plus de 900 écoles depuis 2024. Le rapport souligne que 90 % des enfants déplacés n’ont plus accès à l’instruction, certaines écoles étant devenues des cibles d’attaques, tandis que d’autres servent désormais de refuges pour les familles déplacées.
Une situation alarmante pour les enfants
Le pays connaît une recrudescence alarmante des violences, en particulier dans la capitale Port-au-Prince, où des groupes armés contrôlent une large partie du territoire urbain. En 2024, plus de 5 600 personnes ont été tuées, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente.
Les violences sexuelles visant les mineures, le trafic d’enfants ainsi que l’enrôlement forcé de garçons dès l’âge de 10 ans ont largement contribué à la fermeture forcée des établissements scolaires. La même année, Plan International recense plus de 6 400 cas de violences sexuelles, une situation qui accroît considérablement les risques de grossesses précoces et compromet durablement l’avenir des jeunes filles.
Appel au sursaut collectif de Plan International
Face à cette situation critique, le Directeur de Plan International Haïti, Prospery Raymond, tire la sonnette d’alarme. « Les enfants d’Haïti n’ont plus accès à l’éducation, à des espaces sûrs ni à une protection de base », déplore-t-il, appelant à une action urgente « nécessaire pour assurer leur sécurité et leur bien-être ». « Sans une intervention immédiate, une génération entière risque d’être perdue dans la violence et les privations », avertit-il.
Par ailleurs, le coût de la scolarité constitue un obstacle supplémentaire majeur. Le rapport rappelle que seules 15 à 20 % des écoles du pays sont publiques. Même dans ces établissements, les familles sont contraintes de supporter les frais liés aux manuels scolaires et aux uniformes, rendant l’accès à l’éducation encore plus difficile pour les ménages les plus vulnérables.
