Plusieurs œuvres d’arts de différents artistes plasticiens ont été présentées au public pendant plus d’un mois dans la forêt classée de Pahou, située dans la commune de Ouidah. Intitulée « Les muses de la forêt », cette exposition collective s’est tenue dans le cadre exceptionnel de la forêt classée de Pahou, transformée pour l’occasion en lieu de création, d’inspiration et de réflexion. Porté par le Collectif des Artistes Béninois (CAB), présidé par l’artiste Dominique Zinkpè, le projet proposait une rencontre sensible entre l’art contemporain et la nature.
Avec un accompagnement du FDAC à hauteur de 70 %, N.ART.UREL témoigne de l’engagement des pouvoirs publics en faveur de la valorisation des expressions artistiques contemporaines au Bénin. Une trentaine d’artistes, jeunes talents comme figures confirmées, ont ainsi investi la forêt, offrant au public des œuvres inspirées par cet espace de mémoire et de dialogue entre l’humain et la nature. Placée sous le haut parrainage du ministre Jean-Michel Abimbola, l’exposition s’est voulue un espace de sensibilisation aux enjeux artistiques et environnementaux, enrichi par des temps d’échanges réunissant artistes et acteurs culturels.
Dominique Zinkpè : « Sortir de nos lieux de confort ».
À l’heure du bilan, le président du CAB n’a pas caché sa satisfaction. Revenant sur l’esprit de l’exposition, Dominique Zinkpè a salué l’engagement des artistes. « Les artistes contemporains du Bénin, qu’ils soient confirmés ou émergents, ont accepté de partager leurs travaux dans cette forêt classée de Pahou, de délaisser leur lieu de confort pour se mettre en phase avec la nature ».
Pour l’artiste, cette démarche est essentielle, car « tout ce que nous produisons vient de la nature ou de notre environnement immédiat ». Il se réjouit également de la rencontre avec un public élargi, au-delà des musées et galeries traditionnels. « Sortir de nos lieux conventionnels pour montrer nos travaux dans ce lieu paisible, et correspondre à des événements majeurs comme les Vodun Days, a permis à la population béninoise et aux visiteurs étrangers de découvrir le talent créatif du Bénin ».
Dominique Zinkpè a souligné le rôle déterminant de l’État « Tout ceci a été rendu possible par la conscience et l’écoute du gouvernement béninois qui nous a accompagnés ». Portant le regard plus loin, il a partagé un rêve. Celui d’un parc de sculptures pérenne, où les œuvres resteraient comme traces du temps présent. « Quand on dit art contemporain, c’est l’art d’aujourd’hui. Après nous, il faut qu’on laisse des traces ».
Jean-Michel Abimbola : l’art au cœur de la vision nationale
Présent pour le finissage, le ministre de la Culture s’est dit « heureux et émerveillé » par ce qu’il a découvert à Pahou. Saluant le travail de Dominique Zinkpè, qu’il qualifie de « maître », Jean-Michel Abimbola a insisté sur l’importance de la transmission. « C’est un artiste préoccupé par la transmission du savoir, par la formation des jeunes générations, y compris des artistes parfois totalement inconnus qu’il met en valeur ».
Le ministre a également souligné la portée symbolique de l’exposition en pleine forêt. « Cela illustre le respect que les artistes ont pour la nature, l’importance du recyclage et d’une sensibilité écologique ». Inscrivant N.ART.UREL dans l’action gouvernementale, il a rappelé la volonté de faire de la culture un pilier du rayonnement national. « Tout cela rentre dans la dynamique créative du gouvernement que nous implémentons depuis près de dix ans, pour révéler le Bénin à travers l’art, la culture et le patrimoine ».
Une projection ambitieuse à l’horizon 2060
Poursuivant sa réflexion, Jean-Michel Abimbola a esquissé une vision ambitieuse pour l’avenir. « En 2060, le rayonnement culturel sera partout. Dans chaque ministère, chaque lieu public, l’art sera présent ». Selon lui, l’art doit devenir accessible à tous et constituer une voie d’épanouissement professionnel à part entière. « On peut être artiste et vivre très bien. Nous structurons une économie pour que chacun puisse vivre de son génie, de son talent ».
