Des pratiques frauduleuses d’adoption d'enfant actuellement en cours sur les réseaux sociaux exposent des enfants au phénomène de trafic de mineurs. L’alerte a été donnée par l’Autorité centrale en matière d’adoption internationale en République du Bénin. Dans son communiqué, l’ACAIB indique avoir été saisie de plusieurs cas de tentatives d’adoption illégales relayées en ligne. L’autorité précise qu’« il nous est revenu que de fausses offres d’adoption d’enfants circulent actuellement sur les plateformes numériques, notamment sur le réseau social TikTok, à travers des individus ou structures non autorisés proposant illégalement des enfants à l’adoption ».
Ces annonces, souvent présentées comme des initiatives humanitaires ou des procédures simplifiées, constituent en réalité des manœuvres d’escroquerie et de trafic potentiel. Elles visent aussi bien des familles béninoises que des ressortissants étrangers, attirés par la promesse d’une adoption rapide, en dehors de tout cadre légal.
L’ACAIB, seule institution habilitée pour l’adoption internationale
Face à ces dérives, l’ACAIB rappelle le principe fondamental qui régit l’adoption au Bénin. L’institution souligne qu’elle « demeure la seule institution légalement habilitée à conduire la procédure administrative d’adoption, la phase judiciaire relevant exclusivement des juridictions compétentes ». Autrement dit, aucune adoption ne peut être engagée valablement par des intermédiaires privés, des associations non reconnues ou des individus agissant sur les réseaux sociaux. Le communiqué insiste : « Aucune adoption ne peut donc être valablement engagée en dehors du cadre légal établi ». Toute tentative de contournement des procédures officielles constitue une infraction à la loi.
Des risques graves pour les enfants : traite, exploitation et abus
Au-delà de l’illégalité, l’ACAIB alerte sur les conséquences humaines dramatiques de ces pratiques. Selon l’institution, « ces pratiques constituent des tentatives d’escroquerie et exposent gravement des enfants à des risques de traite et d’exploitation, en violation des lois nationales et des conventions internationales ratifiées par le Bénin ». La diffusion d’offres d’adoption frauduleuses sur les réseaux sociaux ouvre la porte à des réseaux criminels qui peuvent exploiter la vulnérabilité des familles en situation de précarité et des enfants privés de protection adéquate. Le danger est d’autant plus grand que ces opérations se déroulent souvent dans l’anonymat du numérique.
Une riposte et des procédures judiciaires annoncées contre les réseaux impliqués
Les autorités béninoises assurent que des mesures sont en cours pour endiguer ce phénomène. Le communiqué indique que « toutes les dispositions nécessaires sont prises pour garantir la protection des enfants sur toute l’étendue du territoire national et dans l’espace numérique ». Les services compétents sont également « mobilisés pour identifier et démanteler tout réseau impliqué dans ces pratiques ».
L’ACAIB rappelle enfin que ces agissements ne resteront pas impunis. « Les auteurs et complices de ces agissements frauduleux s’exposent à des poursuites judiciaires, conformément aux lois en vigueur », prévient le communiqué. Les autorités compétentes « se réservent le droit d’engager sans délai toute action judiciaire nécessaire » contre les personnes impliquées.
Appel à la vigilance du public et signalement via la ligne 138
Face à la montée de ces pratiques illégales, l’ACAIB en appelle également à la responsabilité citoyenne. « Le public est invité à faire preuve de vigilance et à signaler toute tentative suspecte aux services compétents ou en appelant gratuitement le 138, Ligne d’Assistance aux Enfants (LAE) », peut-on lire dans le document officiel.
Cet appel vise à faire du public un acteur de la lutte contre les réseaux de traite et d’escroquerie, en encourageant le signalement rapide de toute annonce ou démarche suspecte liée à l’adoption d’enfants.
