L'affaire a débuté par une alerte. La HAAC indique qu'« un auditeur de « Radio Maranatha » a alerté la Haute Autorité de l'audiovisuel et de la Communication au sujet d'une émission au cours de laquelle l'invité a fait l'apologie du crime et violé les bonnes mœurs et la morale publique ». Saisie de ce signalement, l'institution a examiné le contenu diffusé. L'invité de l'émission, identifié comme Samuel AKOWANOU, a tenu des déclarations graves à l'antenne.

« À un moment donné de cette mauvaise aventure, j'ai préparé moi-même et consommé à plusieurs reprises la chair humaine. Le mode de préparation est de la faire bouillir deux (02) fois au moins en changeant l'eau de cuisson et une dernière fois on met un peu de sel de cuisine. Une partie du corps humain consommée une fois t'amène à toujours en consommer », a-t-il déclaré et transcrit dans la décision de la HAAC. L'invité a également déclaré avoir tué un motocycliste au Nigéria pour lui voler sa moto, revendue ensuite au Bénin. Il a évoqué le meurtre de "beaucoup de bossus" pour prélever leurs bosses, affirmant y trouver des signes du Fâ.

« J'ai tué beaucoup de bossus pour enlever leurs bosses. Quand on enlève la bosse, on retrouve seize (16) signes du Fâ. À l'intérieur, on y trouve un type de liquide et de poudre. Deux (02) choses servent à évaluer sa qualité. Je ne vais pas tout dévoiler sur les ondes de la radio », a-t-il déclaré. Il a aussi mentionné des activités de profanation de sépultures dans un cimetière nigérian pour déterrer et vendre des crânes. « Je vais souvent dans le cimetière d'Amoukoko au Nigéria pour déterrer les crânes des cadavres et vendre. En tout cas, tout ce qui concerne les ossements humains », allègue-t-il. La HAAC a considéré que ces déclarations dépassaient le cadre admissible d'une émission de radio.

La responsabilité du journaliste et du promoteur de la radio

La HAAC a considéré que l'animateur Daniel MONTCHO a fait preuve de « légèreté et de manque de professionnalisme ». Il a laissé son invité s'exprimer sans intervenir, malgré la gravité des sujets abordés. L'émission a diffusé des propos faisant ouvertement l'apologie du cannibalisme, selon l'autorité de régulation. L'instance a estimé que le promoteur de Radio Maranatha a violé plusieurs dispositions légales, dont les articles 23 de la Constitution, 13, 45, 46 et 229 du Code de l'Information et de la Communication ainsi que les 14 et 15 de la convention liant la radio à la HAAC.

Face à la gravité des faits et à l'urgence, la HAAC a prononcé des sanctions conservatoires. L'émission incriminée est interdite d'antenne jusqu'à nouvel ordre. L'animateur Daniel MONTCHO « est interdit d'antenne pour une durée illimitée » et la radio dans son ensemble reçoit un avertissement. L'autorité de régulation a décidé de transmettre le dossier à la justice et a saisi le Procureur de la République des déclarations de Samuel AKOWANOU.