Washington a infligé des sanctions à l’armée rwandaise et quatre officiers pour leur soutien opérationnel direct au Mouvement du 23 mars (M23), alors que les combats font rage notamment autour de la cité stratégique d'Uvira, a indiqué un communiqué du département d'État.
Les quatre officiers visés sont le chef d'état-major Vincent Nyakarundi, le chef des forces de défense, le commandant des forces d'opérations spéciales et le commandant de la 5ème division d'infanterie, selon le département du Trésor américain.
Les sanctions américaines impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement ou indirectement aux États-Unis par les personnes visées, ainsi que l'interdiction pour toute personne ou entreprise américaine de faire affaire avec elles.
Selon le porte-parole du département d'État, Tommy Pigott « le soutien continu des FDR et de ses hauts responsables a permis au M23 de s'emparer du territoire souverain de la RDC et de poursuivre ces graves violations ». De son côté, le Trésor américain estime que les gains territoriaux des rebelles n'auraient pas été possibles sans l'appui rwandais.
Dans un communiqué distinct, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que les États‑Unis s'attendaient « au retrait immédiat des troupes, des armes et de l'équipement » des FDR. Le communiqué ajoute que « Des milliers de soldats des FDR sont déployés dans l'est de la RDC, où ils participent activement à des opérations de combat et facilitent le contrôle du territoire par le M23 ».
De son côté, le gouvernement rwandais a dénoncé dans un communiqué transmis à Reuters, des « sanctions qui ciblent injustement une seule partie au processus de paix et déforment les faits du conflit ».
Kigali assure avoir pris des dispositions pour acter le retrait de ses forces dans le cadre de la médiation américaine. Cependant, les autorités rwandaises accusent Kinshasa de ne pas avoir tenu ses propres engagements, notamment concernant le démantèlement des milices armées.
Après l’annonce des sanctios, Kinshasa a exprimé sa « profonde reconnaissance aux Etats-Unis » dans un communiqué diffusé lundi soir, saluant la décision de sanctions requises contre l’armée rwandaise.
« Ces mesures constituent un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC », ont estimé les autorités congolaises.
Ce week-end, les autorités congolaises ont accusé le M23 d'avoir mené une attaque de drones contre l'aéroport de Kisangani, situé à plusieurs centaines de kilomètres de toute ligne de front active. Le mouvement rebelle avait déjà revendiqué une attaque similaire contre ce même aéroport plus tôt dans le mois.
Accusé de « violations flagrantes des droits humains », le M23 avait déclenché en décembre une offensive sur la cité stratégique d'Uvira, située dans la province orientale du Sud-Kivu, suscitant la colère de Washington, médiateur d'un « fragile » accord de paix entre la RDC et le Rwanda.
« Le M23, entité sanctionnée par les États-Unis et l'ONU, est responsable d'atroces violations des droits humains, notamment des exécutions sommaires et des actes de violence contre des civils, y compris des femmes et des enfants », a déclaré le porte-parole du département d'État, Tommy Pigott.
« Comme le président Donald Trump l'a clairement indiqué, les États-Unis sont prêts à utiliser tous les moyens à leur disposition pour s'assurer que la RDC et le Rwanda tiennent les promesses de cet accord historique », a précisé le département d'État, rapporte TV5 MONDE.
