La ville d’Akobo, dans l’État du Jonglei et proche de la frontière avec l’Éthiopie, a été brièvement occupée mardi 10 mars 2026 par les troupes fidèles au président Salva Kiir. Mais quelques heures seulement après leur entrée dans la localité, les forces gouvernementales ont été contraintes de battre en retraite face à une contre-attaque des groupes d’opposition.Cette ville constitue depuis longtemps un bastion du camp de Riek Machar, figure majeure de l’opposition  et ancien rival du pouvoir lors de la guerre civile déclenchée en 2013.

Une avancée précédée d’un ultimatum

Avant de lancer leur opération, les autorités sud-soudanaises avaient adressé un ultimatum aux habitants, leur demandant d’évacuer la zone en prévision d’une offensive imminente. À l’expiration de cet avertissement lundi, les forces gouvernementales ont progressé vers Akobo. Selon des sources locales, elles ont atteint le centre-ville en début d’après-midi mardi.

Sur les réseaux sociaux, le porte-parole de l’armée, le général Lul Ruai Koang, a diffusé des photographies montrant des soldats déployés dans la ville. Sur ces images apparaît également James Kueth Makuach, un responsable local ayant récemment rejoint le camp présidentiel. Un responsable militaire avait alors invité les civils à regagner leurs habitations, affirmant que la situation était sous contrôle et que « le calme allait désormais régner ».

Une contre-attaque rapide des forces d’opposition

Cette présence militaire n’a toutefois duré que quelques heures. Aux environs de 16 heures, les forces rebelles ont lancé une offensive contre les positions gouvernementales, obligeant les soldats à se retirer de la ville.

Les affrontements qui ont suivi ont coûté la vie à au moins trois civils, selon la presse locale, ravivant les inquiétudes sur la sécurité des populations dans cette région marquée par des années de conflit.

Civils déplacés et inquiétudes humanitaires

La reprise des combats a entraîné une nouvelle vague de déplacements. La grande majorité des quelque 270 000 habitants d’Akobo avait déjà quitté la ville durant le week-end précédant l’opération militaire, tandis que les organisations humanitaires évacuent leur personnel. Ville presque déserte, Akobo a été la cible de pillages avant même l’arrivée des troupes gouvernementales. L’ONG Médecins Sans Frontières a dénoncé dans un communiqué le saccage de l’hôpital de la ville par des « assaillants non identifiés ».


Le militant de la société civile Edmund Yakani a, pour sa part, condamné « les confrontations en cours pour le contrôle d’Akobo » et exprimé son inquiétude pour les habitants de la région, déjà déplacés à plusieurs reprises depuis le début du conflit. La situation reste fragile dans cette zone stratégique du nord-est du pays, où les rivalités entre forces gouvernementales et groupes d’opposition continuent de faire peser une menace permanente sur les populations civiles.