L’application Bloc Anti-Fake s’inscrit dans le cadre d’un projet de coopération destiné à lutter contre les désordres de l’information dans les pays francophones. Elle se présente comme une plateforme centralisée regroupant les vérifications de faits réalisées par des journalistes spécialisés en Afrique francophone. Lorsqu’une fausse information est démontée par un média, la vérification correspondante est accessible directement sur l’application. Mais l’outil ne se limite pas à une simple base de données de fact-checking. Les utilisateurs peuvent également interroger l’application pour vérifier la fiabilité d’une information qui circule sur les réseaux sociaux ou dans l’espace public.

« C’est un guichet où l’on peut retrouver tous les fact-checks développés par les journalistes de vérification des faits en Afrique francophone. Si vous voyez une information et que vous souhaitez savoir si elle est vraie ou fausse, vous pouvez poser la question à l’application et elle se chargera de vous donner la bonne réponse », explique Mardochée Boli, fact-checker et membre du consortium Bloc Anti-Fake. L’application intègre en outre un système d’intelligence artificielle capable de répondre aux questions des utilisateurs. Elle propose également des conseils pratiques pour apprendre à vérifier une information, une image ou une vidéo.

Une application accessible à tous

Disponible sur Android et iPhone, l’application peut être téléchargée gratuitement sur les plateformes Play Store et App Store. Il suffit de rechercher « Bloc Anti-Fake » pour y accéder.

Selon ses promoteurs, cet outil répond à un besoin urgent. Plusieurs rapports récents indiquent en effet que près de 60 % des contenus de désinformation diffusés en ligne ciblent l’Afrique de l’Ouest francophone. Face à cette situation, l’objectif est clair : offrir au public un accès rapide à des informations vérifiées et renforcer l’esprit critique des internautes.

Un combat collectif contre les fake news

Dans son allocution d’ouverture, Prosper Vondjehounko, représentant de Capp FM et membre du consortium Bloc Anti-Fake, a rappelé que la lutte contre la désinformation est devenue une priorité pour les médias. Il a souligné que les fausses informations constituent aujourd’hui un véritable fléau pour les sociétés modernes.

« Les fake news pourrissent nos vies. Nous les rencontrons tous les jours dans notre quotidien. Si rien n’est fait, nous risquons d’aller vers une situation difficile à gérer », a-t-il averti. Pour Prosper Vondjehounko, seule une action collective permettra de freiner la propagation de la désinformation, particulièrement dans un contexte régional marqué par des tensions politiques souvent propices à la manipulation de l’information.

Parmi les partenaires engagés dans cette initiative figurent notamment Science Check au Mali, Niger Check au Niger, Ivoire Check en Côte d’Ivoire, ainsi que l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA).


Des journalistes et acteurs civils formés contre les fake news

Avant le lancement officiel de l’application, les participants ont pris part à un atelier de formation intensif qui s’est déroulé de 8 heures à 15 heures. Cette session visait à préparer les professionnels des médias et les acteurs de la société civile à devenir des relais engagés dans la lutte contre la désinformation. Animée par les communicateurs Josaphat Dah-Bolinon et Mardochée Boli, la formation a permis aux participants de mieux comprendre le fonctionnement des fake news, leurs modes de propagation ainsi que les méthodes permettant de les déconstruire. Les échanges ont également porté sur les techniques de vérification de l’information et les bonnes pratiques en matière d’éducation aux médias et à l’information. 

Une séance pratique a par ailleurs permis aux participants de se familiariser avec le fonctionnement de l’application Bloc Anti-Fake, afin de pouvoir l’utiliser efficacement et la promouvoir auprès du public. À l’issue de la formation, Mardochée Boli s’est réjoui de l’engagement des participants. « Nous les encourageons à parler de cette application autour d’eux afin qu’elle soit véritablement utile pour lutter contre la désinformation et permettre aux populations d’accéder à des informations vérifiées », a-t-il déclaré.

Après le Bénin, des ateliers similaires sont prévus dans d’autres pays partenaires du projet, notamment au Mali, au Niger et en Côte d’Ivoire. L’objectif est de former un réseau d’ambassadeurs de l’intégrité de l’information à travers l’Afrique de l’Ouest francophone, afin de promouvoir l’usage de l’application et renforcer la vigilance face aux contenus trompeurs.