L’ensemble des employés mis en congé administratif rémunéré depuis juin 2025 doit être réintégré d’ici le 23 mars, et les émissions de VOA doivent reprendre immédiatement. C’est la décision rendue mardi 17 mars 2026 par le magistrat fédéral Royce Lamberth. La majorité des antennes de la radio, ainsi que de ses filiales comme Radio Free Europe et Radio Free Asia, avaient été suspendues depuis plus d’un an.
Le juge a expliqué que la nomination de Kari Lake à la tête de l’Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM), l’entité supervisant VOA avait été effectuée en violation des procédures légales. Cette irrégularité a rendu caducs tous les licenciements et suspensions prononcés pendant son mandat.
Kari Lake dans le collimateur
Ancienne présentatrice de télévision et proche de l’administration Trump, Kari Lake avait été chargée par le président de réduire drastiquement les effectifs et les financements des radios internationales financées par le gouvernement. Royce Lamberth n’a pas manqué de critiquer sa gestion, qualifiant sa présidence de « sans raison valable » et exigeant de l’USAGM qu’elle présente un plan concret pour la reprise des diffusions à l’international.
Le gouvernement américain a annoncé son intention de faire appel de cette décision, contestant notamment le jugement sur la légalité de la nomination de Lake. Michael Abramowitz, directeur en exercice de VOA, a lui aussi salué le jugement, rappelant que « Voice of America n’a jamais été aussi nécessaire » dans un contexte mondial où l’information fiable reste cruciale.
Un média fondé pour diffuser la “voix de l’Amérique”
Créée pendant la Seconde Guerre mondiale, Voice of America avait pour mission de diffuser l’information américaine à travers le monde, notamment dans des pays autoritaires. Avec Radio Free Europe et Radio Free Asia, elle constitue un pilier de la diplomatie culturelle et médiatique des États-Unis, visant à promouvoir la liberté de l’information à l’international.
La fermeture partielle de la station en 2025 et les accusations de parti pris politique par Donald Trump avaient suscité une vive controverse, transformant un organe historique d’information en symbole des tensions politiques internes aux États-Unis.
