Premier enseignement majeur : la PRSC place les communautés au cœur de l’action sanitaire. Conçue comme un cadre stratégique régional, elle met l’accent sur la prévention, la promotion de la santé, la surveillance communautaire et la participation active des populations. L’objectif est de garantir un accès équitable aux soins, y compris dans les zones les plus reculées.

Dans un contexte marqué par la libre circulation des personnes et la persistance de menaces sanitaires transfrontalières, le représentant résident de la CEDEAO au Bénin, Amadou Diongue, a insisté sur la nécessité d’une approche concertée. « Aucun développement n’est possible sans des populations en bonne santé », a-t-il rappelé, soulignant que la santé demeure « la première richesse des populations ».

Le rôle central des relais communautaires

Autre point clé de cette politique : le renforcement du rôle des acteurs de proximité. Les relais communautaires sont appelés à devenir un maillon essentiel du système de santé, notamment pour atteindre les populations vulnérables et améliorer les indicateurs sanitaires.

Représentant l’UNICEF au Bénin, Ousmane Niang a plaidé pour leur généralisation : « Il faut des relais communautaires dans chaque village ». Selon lui, ces acteurs jouent un rôle déterminant dans la prévention et la prise en charge des maladies, en particulier dans les zones difficiles d’accès. Il a par ailleurs salué l’expérience du Bénin, qu’il considère comme un modèle en matière d’organisation des soins de proximité.

Une ambition : des systèmes de santé plus équitables et résilients

La PRSC se veut également un levier pour bâtir des systèmes de santé plus performants, capables de réduire les inégalités entre zones urbaines et rurales. Elle encourage une approche intégrée et multisectorielle, impliquant États, collectivités, partenaires techniques et financiers, secteur privé et citoyens.

Intervenant au nom du ministre béninois de la Santé, Sibylle Assavedo a réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner cette dynamique. « La santé commence dans les communautés, se vit dans les communautés et se consolide par les communautés », a-t-elle déclaré. Elle voit dans cette politique « un levier stratégique » pour rapprocher les services essentiels des populations, notamment les plus vulnérables, tout en renforçant la résilience des systèmes sanitaires.

Un changement de paradigme assumé

Pour le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase Aïssi, cette politique marque une rupture avec les approches traditionnelles. Il a dressé un constat critique des systèmes actuels, encore trop centrés sur le curatif et insuffisamment ancrés dans les réalités communautaires.

« Le défi n’est plus de concevoir, mais d’agir », a-t-il lancé, appelant les États membres à passer rapidement à la mise en œuvre concrète. La nouvelle orientation vise à passer « d’un système centré sur les structures à un système centré sur les populations » et à faire de la prévention un pilier essentiel des politiques de santé. « La santé communautaire ne doit plus être perçue comme le dernier kilomètre, mais comme le cœur même de nos systèmes de santé », a-t-il martelé.

Un appel à l’engagement collectif

La réussite de cette politique repose sur une mobilisation de tous les acteurs. La CEDEAO appelle les États, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les communautés elles-mêmes à s’approprier cette nouvelle vision.

La PRSC ambitionne ainsi de faire de la santé communautaire le pilier opérationnel des soins de santé primaires en Afrique de l’Ouest. Elle entend accélérer les progrès vers la couverture sanitaire universelle en misant sur la participation citoyenne, la gouvernance locale et des financements durables.

La cérémonie de lancement, marquée par des animations culturelles et la remise symbolique des documents de la politique aux représentants des pays membres, ouvre ainsi une nouvelle phase d’engagement régional. Une phase où, comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, « chaque village, chaque foyer et chaque communauté » devra désormais jouer un rôle actif dans la construction d’un système de santé plus juste et plus efficace.