D’entrée, l’animateur replonge ses auditeurs dans l’univers familier de l’émission : « Hello la famille nombreuse, c'est par cette formule et ce ton que je vous accueillais chaque soir sur RFI dans Couleurs Tropicales ». Mais très vite, le ton change. Il affirme ne pas être à l’origine de l’arrêt du programme : « L'émission vient d'être supprimée et vous imaginez bien que si cela avait été de mon fait (…) c'est moi qui aurais annoncé la fin du programme ».
Une fin contestée et des discussions en cours
Contrairement à la version officielle évoquée dans les communiqués de Radio France Internationale, Claudy Siar remet en cause la narration institutionnelle. « Ces deux communiqués ne reflètent en rien la situation présente », assure-t-il, révélant l’existence de négociations en cours : « En ce moment, les avocats discutent afin de trouver une solution acceptable pour les deux parties ».
Se présentant comme « un homme d'apaisement » qui « n’aime pas les conflits », il insiste néanmoins sur la légitimité de sa démarche.
31 ans d’histoire et une “famille” bouleversée
L’animateur revient également sur son long parcours au sein de la radio : « 31 ans au sein de RFI, ça crée des liens avec des femmes et des hommes ». Il évoque avec émotion ses collègues, les équipes techniques et administratives, sans oublier « l'équipe de Couleurs Tropicales, une vraie famille ».
Il confie la tristesse qui traverse aujourd’hui les équipes : « Vous n'imaginez pas à quel point toutes et tous sont tristes en ce moment », résumant une atmosphère lourde après l’arrêt brutal de cette émission emblématique.
Un message engagé et sans concession
Dans un passage plus politique, Claudy Siar élargit son propos à la société française : « Nous sommes dans une France de l'extrême droitisation (…) les personnes comme moi (…) sont marginalisées puis éliminées ».
Fidèle à ses engagements, il réaffirme ses convictions avec force : « On peut mettre fin à mes contrats, mais jamais (…) à mes combats ». Il martèle son refus de toute injustice : « Je n'accepterai jamais de voir le racisme (…) jamais », ou encore « Je n'accepterai jamais de voir le droit international bafoué ».
Dans la même dynamique, il lance un appel à la vigilance et à la résistance : « Ne capitulez jamais (…) ne laissez personne mettre en péril l'humanité ».
Une vague de soutien des auditeurs
Très touché par les réactions, l’animateur adresse un message de gratitude à son public : « Merci infiniment (…) vos messages sont des pansements pour nous en ce moment ». Il se dit particulièrement marqué par l’attachement des jeunes générations : « Je n'imaginais pas qu'il y aurait encore un tel attachement ».
Sur les réseaux sociaux, les témoignages affluent. Certains internautes l’encouragent à rebondir, à l’image de Premier Pambou qui lui suggère de « créer [son] propre concept », tandis que d’autres, comme Moussa Dicko, saluent un héritage marquant : une émission qui leur a « fait aimer RFI ». D’autres encore évoquent un combat plus large, à l’instar d’Adayé N’guettia qui estime que ses prises de position « dérangent le système », tout en le remerciant pour son engagement.
