Kinshasa s’est engagé à accueillir des ressortissants de pays tiers renvoyés par Washington. Si le nombre de personnes concernées n’a pas été précisé, les autorités congolaises assurent que cette mesure, financée par la partie américaine, revêt un caractère strictement temporaire.
Mais cette initiative est loin de faire l’unanimité. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme dénoncent un accord conclu dans l’opacité, sans consultation préalable du Parlement ni de la population. Elles pointent notamment un manque de transparence sur les modalités concrètes de mise en œuvre.
Un accord négocié dans la discrétion, encadré avec prudence
Les discussions entre les deux pays d'après le site Jeune Afrique, auraient duré près d’un an. Un membre du gouvernement congolais a indiqué que l’accord prend la forme d’un mémorandum d’entente. De son côté, l’administration Trump, par l’intermédiaire du Département d’État, s’est refusée à commenter « les détails de ses communications diplomatiques avec d’autres gouvernements », tout en soulignant que la mise en œuvre de sa politique migratoire reste « une priorité absolue ».
Face aux critiques, les autorités congolaises tentent de rassurer. Elles affirment que chaque arrivée sera examinée au cas par cas, dans le respect des lois nationales et des impératifs de sécurité. Le gouvernement précise également que les transferts ne seront pas automatiques.
Sans fournir davantage de précisions sur le nombre ou la nationalité des migrants concernés, Kinshasa indique que des sites d’accueil ont été identifiés dans les périphéries de la capitale. Les autorités insistent sur le fait qu’il ne s’agit ni d’une relocalisation permanente, ni d’une externalisation de la politique migratoire américaine.
Une contestation persistante
Malgré ces assurances, la société civile reste vent debout contre cet accord. Plusieurs voix dénoncent une décision prise sans débat public et jugée contraire aux intérêts du pays. « Le Congo n’est pas un dépotoir », s’est indigné Timothée Mbuya, de l’ONG Justicia ASBL, au micro de RFI. Il dénonce une absence totale d’information : « Ni la population congolaise, ni les députés nationaux, ni les sénateurs n’ont été informés. Il n’y a pas eu non plus de débat public autour de ces accords », a-t-il fustigé. Il alerte également sur les capacités d’accueil du pays, estimant que les infrastructures disponibles sont insuffisantes pour prendre en charge de nouveaux arrivants.
D’autres acteurs de la société civile rappellent que la RDC fait déjà face à une crise humanitaire majeure, avec plus de six millions de déplacés internes. Dans ce contexte, l’accueil de migrants supplémentaires apparaît, selon eux, difficilement soutenable. Un rapport du Comité des affaires étrangères du Sénat américain, publié en février 2026, indique que le coût des expulsions vers des pays tiers a dépassé 40 millions de dollars entre janvier 2025 et janvier 2026. Dans ce cadre, Kigali et Malabo auraient chacun perçu 7,5 millions de dollars.
Selon une source officielle citée par RFI, la présence des migrants en RDC serait « strictement temporaire », dans l’attente de leur retour vers leur pays d’origine. La durée de séjour pourrait varier de trois à six mois pour les cas les plus longs, dans le cadre d’un dispositif global appelé à s’achever dans un délai d’environ un an.
