La société civile alerte, propose et s’engage pour un scrutin apaisé. À la veille de la présidentielle du 12 avril 2026, la Plateforme électorale des organisations de la société civile (PEOSC) tire la sonnette d’alarme face à des signaux jugés préoccupants. Réunie en conférence de presse à Cotonou, elle a livré une lecture nuancée du processus électoral, entre acquis à préserver et risques à contenir. La déclaration, lue par sa présidente, Fatoumatou Batoko Zossou, intervient dans un contexte où, malgré un déroulement globalement apaisé des préparatifs, plusieurs indicateurs appellent à une vigilance accrue.
Au cœur des préoccupations exprimées par la PEOSC figure le risque d’un désengagement des citoyens vis-à-vis du vote. La plateforme évoque un désintérêt persistant, voire croissant, pour la chose électorale, susceptible de se traduire par une faible participation le jour du scrutin. À cela s’ajoute la circulation de fausses informations et de contenus manipulés sur les réseaux sociaux. Pour la société civile, cette désinformation représente une menace sérieuse pour la transparence du scrutin et la sérénité du climat électoral.
D’autres risques sont également pointés, notamment d’éventuelles fraudes comme le bourrage d’urnes, ainsi que les enjeux sécuritaires liés aux menaces terroristes dans le nord du pays, qui imposent une vigilance accrue pour la protection des personnes et des biens.
Des acquis reconnus, une vigilance renforcée sur le terrain
Malgré ces alertes, la PEOSC reconnaît plusieurs avancées dans le déroulement du processus électoral. Elle salue la tenue du scrutin à bonne date, le climat globalement calme observé jusqu’ici, ainsi que la publication des projets de société par les candidats. La plateforme note également la mobilisation des missions d’observation, tant nationales qu’internationales, et relève la non-implication publique du président sortant dans la campagne, perçue comme un signal favorable à l’équité.
Dans ce contexte, la société civile entend jouer pleinement son rôle de veille. La PEOSC annonce le déploiement de 1 771 observateurs électoraux à travers le pays, dont 1 200 fixes et 571 itinérants, couvrant l’ensemble des 546 arrondissements répartis en 25 zones.
Elle met également en place une Salle de Situation Électorale, opérationnelle du 11 au 13 avril. Composée de quatre chambres spécialisées et animée par une soixantaine d’experts, cette structure permettra un suivi en temps réel du scrutin à travers un mécanisme d’alerte et de réponse, notamment sur les questions de participation, de sécurité, de respect de la loi et de prévention des violences.
Des défis logistiques et sécuritaires à relever
La PEOSC insiste sur plusieurs défis déterminants pour la crédibilité du vote. Elle souligne l’importance de l’ouverture effective des bureaux de vote à 7 heures et du respect de la durée légale du scrutin.
La prévention des fraudes, la sécurisation du processus électoral, ainsi que le maintien de la qualité des services de communication notamment internet et la téléphonie mobile figurent également parmi les priorités identifiées.
La disponibilité des données électorales au niveau local est enfin jugée essentielle pour garantir des analyses fiables et renforcer la transparence.
Des recommandations pour un scrutin apaisé
Face à ces enjeux, la plateforme formule une série de recommandations. Elle appelle notamment la Commission électorale à garantir la disponibilité du matériel, la transparence dans la gestion des procès-verbaux et une communication proactive pour contrer la désinformation.
Les candidats sont invités à respecter les règles électorales, à déployer leurs représentants dans les bureaux de vote et à privilégier les voies légales en cas de contestation.
Les forces de défense et de sécurité sont appelées à faire preuve de professionnalisme et de neutralité, tandis que les médias et les acteurs des réseaux sociaux sont exhortés à traiter l’information avec rigueur et responsabilité.
La PEOSC lance un appel aux citoyens à voter librement et pacifiquement, en adoptant un comportement civique exemplaire.
