La localité de Koussigou-Montagne vit des heures sombres. Le dimanche 12 avril 2026, un accident minier s'est produit sur un site d'exploitation artisanale de l'or. Les faits ont commencé à se dessiner dès le dimanche 12 avril, en plein déroulement de l'élection présidentielle au Bénin.
Selon les déclarations de François Koukoubou, chef de l'arrondissement de Perma au micro de Bip Radio et de Fraternité FM, le drame a eu lieu dans un puits déjà exploité et théoriquement abandonné par ses propriétaires. L'entrée de cette galerie était fermée. Profitant du départ des exploitants habituels, partis accomplir leurs devoirs civiques pour l'élection présidentielle, des individus non identifiés se sont introduits clandestinement dans le trou.
Le chef d'arrondissement explique le déroulement des faits. « Le drame qui s'est produit là, c'est un éboulement. Il y a un ancien trou dans lequel les gens ont déjà exploité et abandonné. Donc l'entrée était fermée. Avec l'avènement des élections du 12 avril, dimanche dernier, les propriétaires sont rentrés en famille juste pour remplir leurs devoirs civiques. C'est en ce moment que des personnes non identifiées, des orpailleurs non identifiés, se sont ruées dans le même trou. Et un trou déjà abandonné à risque, parce que le trou était déjà béant », a déclaré le chef d'arrondissement au micro de Fraternité FM.
Un double affaissement meurtrier
Le drame s'est déroulé en deux étapes. Une première masse de terre s'est affaissée sur les orpailleurs présents au fond du puits. Par la suite, des volontaires se sont introduits dans la galerie pour tenter d'extraire les victimes. Un second éboulement s'est alors produit, piégeant les sauveteurs à leur tour.
« Il y a eu un premier affaissement sur des personnes. Maintenant, il y a des volontaires qui se sont donnés, qui se sont encore introduits, ne serait-ce que pour retirer les corps. Et malheureusement pour eux, il y a eu un deuxième affaissement. Jusqu'à ce moment-là, il n'y a pas eu un survivant pouvant nous donner avec exactitude le nombre de personnes se trouvant dans ce vieux trou », précise François Koukoubou au micro de Bip radio.
Des secours dans l'impasse
À ce jour, aucun bilan officiel ne peut être établi, selon le chef d'arrondissement. Les autorités locales ignorent le nombre exact de personnes ensevelies. La configuration du terrain et la profondeur du puits, estimée entre 32 et 35 mètres, rendent les recherches quasi impossibles avec les moyens actuels.
Les autorités municipales ont sollicité l'appui d'une société chinoise basée à proximité. Toutefois, les engins de chantier disponibles, notamment les pelles mécaniques, ne possèdent pas une portée suffisante pour atteindre une telle profondeur. « Aucune idée. Et tous les moyens consentis pour avoir accès à ces corps, afin de les remettre aux parents, tous les efforts sont restés vains parce que la profondeur des puits est d'environ 32 ou 35 mètres », a confié François Koukoubou à Bip radio.
Selon des sources citées par nos confrères de Fraternité FM, une dizaine d’orpailleurs clandestins seraient portés disparus dans ce drame.
La dangerosité de l'activité minière dans la région est connue. Le chef d'arrondissement souligne que malgré les sensibilisations de l'administration minière de l'Atacora, le secteur demeure non organisé. « Il n'y a pas d'activité à risque zéro. Ça se fait, mais le bilan n'est pas souvent comme celui-là », ajoute-t-il.
Informé de la tragédie, Cyrille Kouagou, Directeur départemental du développement, a exprimé ses condoléances aux familles des victimes. Il a appelé les autorités compétentes à prendre des mesures pour sécuriser définitivement le site de Koussigou-Montagne. Le directeur insiste sur la protection des populations et exhorte les orpailleurs à la prudence face aux risques permanents de l'exploitation clandestine.
