Des familles dans l'angoisse, un ambassadeur en alerte, et dix-sept corps découverts dans des hôpitaux algériens. C'est ainsi que le naufrage a été révélé au grand jour. Tout commence par des appels de proches inquiets. « J'ai été contacté par des parents qui cherchaient leurs enfants et voulaient savoir où ils se trouvaient », a déclaré l'ambassadeur somalien en Algérie. Face à ces alertes, le diplomate contacte le ministère algérien des Affaires étrangères. La réponse est sans équivoque : un groupe d'exilés africains a péri dans un naufrage au large de Bou Ismaïl, une province côtière située dans le nord de l'Algérie.
Des corps retrouvés dans deux hôpitaux
L'ambassadeur Yusuf Ahmed Hassan se rend sur place sans délai. Tôt le jeudi matin, vers 6 heures, il arrive dans cette ville côtière, à environ 100 kilomètres à l'ouest d'Alger. « J'ai visité deux hôpitaux de la province et j'ai vu les corps », a-t-il confirmé. Parmi les victimes, au moins douze hommes et cinq femmes, tous de nationalité somalienne, selon les informations rapportées par Info Migrants.
Une traversée vers l'Espagne, porte d'entrée en Europe
Ces dix-sept personnes tentaient de rejoindre les côtes espagnoles par voie maritime. L'Espagne représente, pour de nombreux exilés africains, le premier point d'entrée sur le territoire européen. Pour y parvenir, ils empruntent des embarcations de fortune sur des routes maritimes parmi les plus dangereuses du monde. Ce naufrage n'est pas un fait isolé. Les traversées en Méditerranée et sur la route de l'Atlantique continuent de coûter la vie à des centaines de personnes chaque année. Des hommes, des femmes, parfois des enfants, quittent leur pays pour fuir la guerre, la pauvreté ou l'insécurité.
